Tchad : les organismes humanitaires plaident pour une augmentation de l'aide aux réfugiés centrafricains

Écouter /

Des réfugiés centrafricains au camp de Dossèye, au Sud du Tchad (Photo: ONU/A. Diallo).

La violence et la crise humanitaire en République centrafricaine continuent d'avoir des répercussions aussi bien à l'intérieur du pays que dans les pays voisins. Au Tchad, plus de 80.000 réfugiés centrafricains et « retournées » tchadiens, principalement des femmes et des enfants, ont fui le chaos en Centrafrique. Dans les sites de déplacés le long de la frontière entre les deux pays, ces déplacés racontent la même histoire et indiquent avoir tout laissé derrière eux dans leur quête de sécurité.

Dans une interview téléphonique accordée à la Radio des Nations Unies, le Représentant de l'UNICEF au Tchad lance un appel pour un accroissement de l'assistance aux réfugiés venus de la RCA, qui ont besoin de toute urgence d'une assistance supplémentaire.

L'UNICEF rappelle que les équipes des organismes de l'ONU au Tchad observent toujours des mouvements de populations et la plupart des personnes qui ont fui les violences ont été exposées à « d'horribles formes de violence. »

En outre, Bruno Maes souligne que « 1 062 enfants ont été enregistrés comme étant non accompagnés ou séparés de leurs familles ». Près de la moitié d’entre eux ont été réunis avec leur famille. De concert avec les autorités et l’OIM, l’UNICEF s’emploie à assurer des soins immédiats, un soutien psychosocial et la protection de ces enfants déplacés qui ont souvent vécu une expérience très traumatisante en République centrafricaine.

Au cours des deux derniers mois, l’UNICEF a déployé du personnel médical supplémentaire et intensifié la distribution de fournitures vitales et d’abris dans les « centres de transit » où les personnes déplacées arrivent, en collaboration avec le Gouvernement et d’autres partenaires, y compris le HCR, l’OIM, le PAM et des organisations non gouvernementales.  Au total, quelque 30 000 personnes déplacées ont reçu des kits d’eau et d’hygiène de base, des kits médicaux et ont maintenant accès à des dizaines de forages et 300 latrines d’urgence construits par l’UNICEF. Dans le sud du Tchad, avec l’appui de l’UNICEF, plus de 12 500 enfants ont été vaccinés dans le cadre de campagnes de vaccination de masse.

Mais les humanitaires doivent faire face à de nouveaux défis avec l'arrivée de la saison des pluies. En effet, de nombreux sites de déplacement sont situés dans des zones sujettes à des inondations récurrentes et des maladies d’origine hydrique. A la veille de la saison des pluies, les agences humanitaires veulent éviter une détérioration de la situation humanitaire. » Nous devons nous préparer non seulement pour les nouvelles arrivées, mais aussi pour le choléra, la rougeole, le paludisme, la poliomyélite, les épidémies de méningite et les inondations», fait remarquer Bruno Maes, Représentant de l’UNICEF au Tchad.

Cependant, le manque de financement compromet les capacités de l’UNICEF et des autres organisations à fournir une assistance et un soutien aux efforts d'urgence déployés par les autorités gouvernementales et les organismes humanitaires. La communauté humanitaire au Tchad estime que 33 millions de dollars sont nécessaires pour fournir une assistance d’urgence à environ 150 000 personnes déplacées au cours des six prochains mois.

Un appel inter-agences du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés sera lancé au début du mois d'avril pour répondre aux besoins des réfugiés centrafricains et des « retournés tchadiens sans attache ».

(Extrait sonore : Bruno Maes, Représentant de l’UNICEF au Tchad ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...