Tchad : des milliers de réfugiés de Centrafrique ont besoin d’assistance, selon l’ONU

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Des déplacés en RCA: Navi Pillay met en garde les dirigeants centrafricains sur les dangers d’une violence sur une base religieuse (Photo OCHA/R. Gitau).

Des dizaines de milliers de personnes qui ont fui les violences en République centrafricaine vers le Tchad sont dans un besoin urgent d’assistance humanitaire, a prévenu mardi le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Ces personnes vulnérables continuent de souffrir après avoir survécu au carnage dont nous sommes témoins en République centrafricaine. Nous avons urgemment besoin de plus de ressources pour les aider », a déclaré Thomas Gurtner, le Coordonnateur de l’action humanitaire au Tchad. « Le monde doit se rendre compte de cette tragédie humaine. »

Depuis la dernière vague de violence en République centrafricaine, qui a commencé en décembre 2013, le gouvernement du Tchad et les Nations Unies ont déjà enregistré plus de 80.000 personnes en provenance de la RCA, et les chiffres continuent d’augmenter. Alors que quelque 8.000 personnes ont été identifiées comme étant des réfugiés, la majorité des arrivées est constituée de familles tchadiennes qui ont vécu en RCA pendant plusieurs générations. Ce sont principalement des femmes et des enfants qui ont quitté leurs maisons et leurs villages avec peu ou pas de biens, fuyant les pillages, assassinats et viols.

« Beaucoup sont blessés, traumatisés, malades ou malnutris. Près de 1 000 enfants sont non accompagnés ou séparés de leurs familles », a déclaré Thomas Gurtner. « Ils ont tous besoin d’assistance sous forme de protection, d’abris, d’eau potable, de nourriture et de soins de santé pour survivre. »

Les sites de transit à N’Djamena et au sud du Tchad sont surpeuplés, abritant jusqu’à 10.000 personnes tandis que les services de bases sont insuffisants. Les conditions de vie sont sinistres, avec peu ou pas d’eau potable disponible et des latrines qui débordent ; une situation qui laisse craindre des maladies d’origine hydrique telles que le choléra.

« Le gouvernement du Tchad, les agences des Nations Unies et les partenaires humanitaires font tout ce qu’ils peuvent. Mais tous les acteurs atteignent leurs limites et manquent de ressources », a déclaré Thomas Gurtner. « Seul davantage de financement nous permettra de couvrir les besoins humanitaires les plus urgents. »

L’ONU et ses partenaires humanitaires ont élaboré un plan de réponse d’urgence de six mois, d’un montant de 33 millions de dollars américains pour couvrir les besoins immédiats d’environ 150.000 personnes. À ce jour, seulement 6 millions dollars ont été mobilisés, dont 4,3 millions du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF).

De son côté, l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita Bocoum, qui a été récemment nommée par le Conseil des droits de l’homme, effectuera sa première mission dans le pays du 4 au 14 mars 2014.

Cette mission a pour but de suivre la situation des droits de l’homme et d’identifier les domaines d’assistance technique et de renforcement des capacités qui aideront le pays à remplir ses obligations en matière de droits de l’homme.

Au cours de sa mission de dix jours, Keita Bocoum s’entretiendra avec des responsables gouvernementaux, des représentants de la société civile, des membres des agences des Nations Unies et du corps diplomatique. Elle se rendra également à l’intérieur du pays.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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18/10/2017
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