Syrie: la commission d’enquête dénonce le siège des villes et la famine

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Paulo Sergio Pinheiro, Président de la Commission d'enquête internationale de l’ONU sur la Syrie.

La Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie dénonce le recours au siège des villes et à la famine comme méthode de guerre par les forces gouvernementales. Des procédés qui ont conduit ces derniers mois à des pertes massives, à la malnutrition et à la famine. Dans la dernière mise à jour de son rapport publiée ce mercredi à Genève, l'équipe de Paulo Pinheiro rappelle que plus de 250 000 personnes sont assiégées et bombardées sans accès à l’aide humanitaire, à la nourriture et aux soins médicaux.

« Le gouvernement instrumentalise les besoins élémentaires en eau, nourriture, abris et soins médicaux dans le cadre de sa stratégie militaire », accuse ce septième rapport de la commission d’enquête de l’ONU depuis sa création en août 2011.

Le rapport dresse une longue liste d’atrocités commises entre juillet 2013 et janvier 2014 sur la base de 563 entretiens et d’autres documents.

« Le gouvernement emploie la technique du siège, instrumentalisant les besoins fondamentaux d’eau, de nourriture, d’abri et de soins médicaux comme éléments de sa stratégie », soulignent les trois juristes internationaux mandatés par l’ONU, dirigés par le brésilien Paulo Sergio Pinheiro.

Par ailleurs, la Commission note que des groupes armés de l’opposition ont de leur côté encerclé des villages et refusé l’accès des convois humanitaires à ces zones, selon la commission d’enquête.

Dans ces conditions, la commission d’enquête note que la situation de totale impunité a conduit à l’escalade des crimes perpétrés par les belligérants. « L’impunité totale qui caractérise le conflit est tout à fait inacceptable. Les dirigeants de chaque camp doivent être tenus responsables des abus perpétrés ». Elle appelle les dirigeants de chaque camp et les Etats qui exercent de l’influence sur les belligérants en Syrie à respecter et à faire appliquer le droit international humanitaire. La Commission dénonce une nouvelle fois le manque d’action de la communauté internationale et en particulier du Conseil de sécurité des Nations unies, seul habilité à saisir la Cour Pénale Internationale.

En conclusion, Paulo Sergio Pinheiro a indiqué que de nouveaux noms de responsables ont été ajoutés à la liste conservée par l’ONU et non publiée d’auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour un éventuel renvoi devant la justice.

Le rapport de la Commission sera examiné le mardi 18 mars prochain à Genève lors de cette présente 25e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui a débuté le lundi 3 mars.

(Interview : Paulo Sergio Pinheiro, Président de la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’Homme en Syrie ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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01/10/2014
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