RCA : les conditions pour assurer une défense optimale des droits des populations ne sont pas encore réunies, reconnait la Ministre de la justice

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Le Conseil des droits de l’homme à Genève. Photo: ONU

Le Conseil des droits de l’homme a conclu, jeudi matin à Genève, le débat de haut niveau qu’il tient depuis l’ouverture de la session lundi dernier en entendant le Ministre de la justice de la République centrafricaine, Isabelle Gaudeuille, les Ministres des affaires étrangères de Bahreïn et de l’Iran, les Vice-Ministres de la justice du Ghana, de l’Équateur et du Soudan, le Vice-Ministre des affaires étrangères de Cuba, le Secrétaire permanent des affaires étrangères de la Thaïlande, le Secrétaire général du Commonwealth et la Haut -Commissaire adjointe des Nations Unies pour les réfugiés.

Lors de son intervention, Isabelle Gaudeuille, Ministre de la justice de la République centrafricaine, a exprimé la gratitude de son peuple envers la communauté internationale pour sa mobilisation en sa faveur, «au moment où notre pays travers l’un des moments les plus difficiles de son histoire, à la limite du chaos». La Ministre a assuré qu’il existait «une réelle et ferme volonté politique» des autorités de faire de la protection des droits des personnes, ainsi que de la lutte contre l’impunité, une priorité dans le pays. Toutefois, a-t-elle reconnu, malgré cette volonté au plus haut sommet de l’État, force est de constater que les conditions pour assurer une défense optimale des droits des populations ne sont pas encore réunies.

Isabelle Gaudeuille a affirmé que, malgré l’utilisation de l’expression «nettoyage ethnique», «aucun problème purement ethnique ne se pose en République centrafricaine». Elle a toutefois reconnu que «ces violences et exactions ont entraîné des conflits intercommunautaires aux forts relents religieux». Elle a aussi reconnu que, dans ce contexte, la protection des droits de l’homme ne pouvait être assurée. Le droit à la santé, à l’éducation sont mis à mal par l’état de délabrement des infrastructures hospitalières d’une part, d’autre part par la non reprise des cours, a-t-elle ajouté, affirmant que la pauvreté s’est aggravée et que le coût de la vie est devenu «exorbitant». Plus aucune structure judiciaire ne fonctionne en province, les magistrats ayant abandonné leur poste pour se réfugier dans la capitale où, pourtant, «la situation n’est guère mieux» en raison de l’insécurité qui empêche de tenir des audiences publiques.

Face à ce désastre, «la République centrafricaine n’est pas restée seule», a constaté Isabelle Gaudeuille, qui a répété ses remerciements au nom du chef de l’État centrafricain. Ainsi, «la réhabilitation de la chaîne pénale est en cours avec l’appui de l’Union européenne» et la prison de Bangui a été sommairement réhabilitée pour faire face à l’urgence de la situation. La République centrafricaine apprécie l’envoi d’un Expert indépendant en la personne de Marie-Thérèse Keita-Bocoum, ainsi que celui de la Mission d’enquête internationale sur les exactions. En conclusion, la Ministre a appelé à une mobilisation de la communauté internationale en faveur de la restauration de l’État et du développement de son pays, sous la forme d’une «approche holistique», voire d’un «plan Marshall si l’on veut bien sauver ce pays et éviter que la gangrène qui le frappe ne se propage chez ses voisins».

(Extrait sonore : Isabelle Gaudeuille, Ministre de la justice de la République centrafricaine)

LE DERNIER JOURNAL
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23/10/2017
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