Parlements/UIP : la parité pourrait être atteinte au niveau mondial dans vingt ans

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Avec une augmentation en 2013 de 1,5 pour cent de la moyenne mondiale des femmes au parlement, une tendance encourageante se dessine qui, pleinement mise à profit, pourrait aboutir à la parité dans les vingt ans à venir, dit l’Union interparlementaire (UIP).

Dans l’analyse annuelle des statistiques et de l’évolution de la présence des femmes au parlement qu’elle publie en prévision de la Journée internationale des femmes le 8 mars, l’UIP a noté que 21,8 pour cent des parlementaires étaient des femmes à la fin de 2013. Alors que la moyenne se situait à 20,3 pour cent fin 2012, le taux d’augmentation en 2013 a triplé par rapport à celui de 2011, année pendant laquelle le pourcentage moyen des femmes parlementaires n’avait progressé que de 0,5 pour cent.

“Une augmentation d’un et demi pour cent peut sembler négligeable et une moyenne mondiale de près de 22 pour cent pour les femmes parlementaires est assez lamentable. Mais alors que la progression était minime pendant des années, le nombre de femmes au parlement a nettement augmenté ces deux dernières années grâce à une action politique concertée”, explique le Secrétaire général de l’UIP, Anders B. Johnsson. “Avec une volonté et une action politiques soutenues, on pourrait envisager la parité entre hommes et femmes en politique dans une génération et voir ainsi se réaliser un objectif majeur de la démocratie.”

Les femmes au Parlement – Regard sur l’année écoulée : L’UIP constate dans cette rétrospective que bien que les Amériques restent en tête et affichent, avec 25,2 pour cent, la moyenne la plus forte de femmes parlementaires, c’est dans le monde arabe que s’est produite la progression la plus spectaculaire de l’année. La désignation, pour la première fois de l’histoire de l’Arabie saoudite, de 30 femmes au Conseil consultatif (Majlis Ash-Shura) en janvier 2013 et l’élection sans précédent de 18 femmes au parlement jordanien grâce à des quotas dans les deux pays ont contribué à faire passer la moyenne de la région arabe de 13,2 à 16 pour cent.

Les progrès en Afrique et en Europe ne se sont pas démentis en 2013, puisque les moyennes de ces deux régions ont augmenté respectivement de 2,1 pour cent et de 1,4 pour cent. Le Rwanda s’est maintenu fermement en tête du peloton mondial avec 63,8 pour cent de femmes parlementaires après les élections de septembre 2013. C’est la première fois dans l’histoire mondiale qu’un parlement compte plus de 60 pour cent de femmes.

Cependant, l’Asie et le Pacifique restent une fois de plus à la traîne des autres régions. Sans l’Australie, les parlements du Pacifique ne compteraient que 3,2 pour cent de femmes. Avec les élections qui se sont déroulées en Australie en 2013, la moyenne des femmes dans les parlements du Pacifique a légèrement progressé pour atteindre 16,2 pour cent.

Comme les années précédentes, la moyenne des femmes parlementaires a très faiblement augmenté en Asie où elle passe de 17,9 pour cent en 2012 à 18,4 pour cent en 2013, ce qui montre combien il est urgent que des mesures ambitieuses soient prises dans cette région pour corriger le déséquilibre entre hommes et femmes en politique.

Par ailleurs, il y avait 40 femmes présidentes de parlement à la fin de l’année, soit 14,8 pour cent de ces postes occupés par des femmes, ce qui représente un léger progrès par rapport à l’année précédente.

Les statistiques de l’UIP pour 2013 ont révélé une fois de plus que bien que les quotas aient, dans certains cas, aidé les femmes à entrer au parlement, ils ne suffisent pas à eux seuls. Les partis politiques qui ne présentent pas assez de candidates jouent aussi un rôle.

Par ailleurs, l’année 2013 a été marquée par une conscience accrue des violences auxquelles les femmes politiques sont exposées. Les violences électorales, parmi lesquelles il faut ranger l’intimidation, les menaces, les voies de fait et d’autres agressions commises avant et après les élections, sont courantes dans toutes les régions du monde et dissuadent les femmes de s’engager en politique.

“Des pays comme la Bolivie et le Mexique ont donné l’exemple et adopté des lois pour s’attaquer à un facteur qui, peut-être plus que tout autre, bloque l’accès des femmes à la vie politique”, ajoute Anders Johnsson. “D’autres doivent faire de même. Sans une ferme volonté de mettre fin à la violence que subissent les femmes au parlement, dans les partis politiques, lorsqu’elles s’expriment à la chambre, en public et en privé, la marche des femmes vers l’émancipation politique sera partout longue et ardue.”

(Interview : Karine Jabre, Responsable du Programme pour le partenariat entre hommes et femmes à l'Union interparlementaire; propos recueillis par Jérôme Longué)

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20/10/2014
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