OMS: Nouvelles orientations sur la fourniture de d’informations et de services en matière de contraception

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Photo : OMS

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié de nouvelles orientations et recommandations destinées à aider les pays à garantir le respect des droits de l'homme lors de la fourniture des informations et des services dont ils ont besoin pour éviter les grossesses non désirées aux femmes, aux jeunes filles et aux couples.

On estime que 222 millions de jeunes filles et de femmes ne désirent pas de grossesse, ou souhaitent remettre à plus tard leur prochaine grossesse, sans pour autant utiliser aucune méthode de contraception. L'accès à l'information et aux services en matière de contraception permettra aux familles de mieux planifier les naissances et aussi d'améliorer la santé.

Les recommandations stipulent que toute personne qui souhaite un moyen de contraception devrait pouvoir obtenir des informations exactes et détaillées et une diversité de services tels que le conseil, ainsi que des produits contraceptifs. Elles soulignent également la nécessité d'une absence de discrimination, de coercition ou de violence, en veillant tout particulièrement à garantir l'accès des populations défavorisées et marginalisées aux informations et aux services.

Parmi les autres mesures clés figurent les programmes d'éducation sexuelle scientifiquement exacts pour les jeunes, comprenant notamment des informations sur l'utilisation et l'achat des contraceptifs. Les recommandations stipulent que les adolescents devraient pouvoir avoir accès aux services de contraception sans avoir à obtenir l'autorisation de leurs parents ou tuteurs.

Il est également recommandé que les femmes puissent solliciter des services sans avoir à obtenir l'autorisation de leur mari. Les recommandations soulignent l'importance qu'il y a à respecter l'intimité des personnes, et notamment la confidentialité des informations médicales et autres informations personnelles.

«Le manque de contraception fait courir le risque d'une grossesse non désirée à 6 femmes sur 10 dans les pays à faible revenu», déclare le Dr Flavia Bustreo, Sous-Directeur général de l'OMS chargé de la santé de la famille, des femmes et des enfants. «Garantir l'offre des informations et des services dont elles ont besoin et l'accès à ceux-ci est essentiel non seulement pour protéger leurs droits, mais également pour leur santé. Ces grossesses non désirées peuvent constituer une menace majeure pour la santé et la vie des femmes et de leurs enfants.»

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les complications de la grossesse et de l'accouchement figurent parmi les principales causes de décès des jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans. Les morts à la naissance et au cours de la première semaine de vie sont 1,5 fois plus nombreuses parmi les enfants de mères de moins de 20 ans que parmi les enfants dont les mères sont âgées de 20 à 29 ans.

L'accès à la contraception permet aux couples d'espacer les grossesses et permet à ceux qui souhaitent limiter la taille de leur famille de le faire. Les données actuelles montrent que les femmes qui ont plus de quatre enfants sont exposées à un risque accru de décès par complications de la grossesse et de l'accouchement.

Beaucoup de ceux qui n'ont actuellement pas accès aux services de contraception sont jeunes, pauvres, et vivent en milieu rural ou dans des taudis urbains. Des efforts sont en cours pour répondre à leurs besoins. Le Sommet de Londres sur la planification familiale de 2012 s'est engagé à étendre les services de planification familiale à au moins 120 millions de personnes supplémentaires d'ici 2020.

Pour le Dr Marleen Temmerman, Directeur du Département OMS Santé et recherche génésiques, «les cibles mondiales favorisent la prise de mesures essentielles pour accroître l'accès aux moyens de contraception modernes. Mais nous devons veiller à ce que nos efforts pour atteindre ces cibles n'entraînent pas des violations des droits de l'homme. Il ne s'agit pas uniquement de faire des progrès chiffrés, il faut aussi développer les connaissances. Il est vital pour les femmes comme pour les hommes de comprendre comment fonctionne la contraception, de se voir offrir un choix de méthodes et d'être satisfaits de la méthode qui leur est proposée.»

La Conférence internationale sur la population et le développement du Caire de 1994 a souligné l'importance d'une approche de la planification familiale fondée sur les droits. Au cours des 20 dernières années, de nombreux travaux exigeant et définissant une approche fondée sur les droits des services de santé – contraception comprise – ont été effectués. Mais les recommandations pratiques ont été relativement rares. Les nouvelles recommandations de l'OMS visent donc à combler cette lacune.

Les orientations et recommandations suggèrent également des moyens d'améliorer les chaînes d'approvisionnement et l'accessibilité financière et d'améliorer la formation des agents de santé, et définissent une série de mesures pour améliorer l'accès en situation de crise, dans les centres spécialisés dans le VIH et au cours des soins prénatals et postnatals.

Les nouvelles recommandations complètent les recommandations existantes de l'OMS concernant les programmes de santé sexuelle et génésique, notamment celles relatives à la santé de la mère et du nouveau-né, à l'éducation sexuelle, à la prévention de l'avortement à risque et aux compétences essentielles pour les soins de santé primaires.

(Dr Marleen Temmerman, Directeur du Département Santé et recherche génésiques à l'OMS, concernant ces nouvelles directives sur la contraception; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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29/08/2014
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