OMM: 2013 a été la sixième année la plus chaude de l'histoire

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Les nombreux phénomènes climatiques extrêmes vécus en 2013 constituent des « indicateurs cohérents et interdépendants » de l’évolution du climat du fait du réchauffement provoqué par l’activité humaine.  Selon le compte rendu annuel de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l’état du climat, l’année 2013 a illustré une fois de plus l’impact considérable des sécheresses, vagues de chaleur, inondations et cyclones tropicaux sur les personnes et les biens dans toutes les régions du monde.

Ce rapport confirme que 2013 se classe au sixième rang, ex aequo avec 2007, des années les plus chaudes jamais enregistrées, confirmant la tendance au réchauffement observée sur le long terme.

Le document donne aussi un aperçu des températures régionales et nationales et des phénomènes extrêmes survenus pendant l’année et contient des précisions sur l’étendue de la banquise, la hausse du niveau de la mer et les concentrations de gaz à effet de serre, qui sont tous des indicateurs cohérents et interdépendants de l’évolution du climat.

Les températures ont été particulièrement chaudes dans maintes régions de l’hémisphère Sud, où l’Australie a connu l’année la plus chaude de son histoire depuis qu’il existe des relevés et l’Argentine sa deuxième année la plus chaude. L’OMM affirme que “les records de chaleur auraient été quasiment impossibles sans l’influence des gaz à effet de serre d'origine anthropique. Cela démontre que les changements climatiques entraînent une nette augmentation de la probabilité d’occurrence de certains phénomènes extrêmes”.

L’hiver a été le second le plus chaud depuis 1900, indique l’agence météorologique.

L'OMM rappelle que le nombre de phénomènes extrêmes survenus en 2013 correspond à ce à quoi on pouvait s’attendre dans ce contexte de changement climatique anthropique. « Nous avons assisté à des précipitations plus abondantes, à des vagues de chaleur plus intenses et à une aggravation de dommages causés par les ondes de tempête et les inondations côtières du fait de la hausse du niveau de la mer, le typhon Haiyan qui s’est déchaîné aux Philippines en est la tragique illustration », a estimé le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud.  «Les phénomènes naturels comme les éruptions volcaniques ou les épisodes El Niño et La Niña ont toujours contribué à façonner notre climat, influant sur les températures et provoquant sécheresses et inondations, entre autres catastrophes.

«Le réchauffement du climat ne marque aucune pause», a poursuivi M. Jarraud. «Le réchauffement des océans s’est accéléré et atteint de plus grandes profondeurs. Plus de 90 % de la chaleur piégée par les gaz à effet de serre est stockée dans les océans. Or les concentrations de ces gaz atteignent des niveaux records, ce qui signifie que l’atmosphère et les océans vont continuer de se réchauffer durant les siècles à venir. Les lois de la physique ne sont pas négociables.»

Le XXIème siècle compte déjà treize des 14 années les plus chaudes jamais observées, et chacune des trois dernières décennies s’est révélée plus chaude que la précédente, la décennie 2001-2010 battant tous les records. La température moyenne à la surface du globe, terres émergées et océans confondus, était de 14,5 °C (58,1 °F) en 2013, soit 0,50 °C (0,90 °F) de plus que la normale calculée pour la période 1961-1990 et 0,03 °C (0,05 °F) de plus que la moyenne de la décennie 2001-2010.

(Interview : Omar Baddour, Responsable des données climatologiques à l’OMM; propos recueillis par Alpha Diallo)

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24/07/2014
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