Egypte : Navi Pillay alarmée par la condamnation à mort de 528 pro-Morsi

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Une manifestation des partisans de l'ancien président Mohamed Morsi en juillet 2013 (Photo d’archives: IRIN/S. Shahat).

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme s'est profondément alarmé par la condamnation à mort, en masse, de 528 partisans de l'ancien président Mohamed Morsi.  Selon les services de Navi Pillay, l’imposition en masse de la peine de mort après un procès qui a été marqué par des irrégularités de procédure est une violation du droit international des droits de l’Homme. Le Haut-Commissariat rappelle que le nombre stupéfiant de personnes condamnées à mort dans cette affaire est sans précédent dans l’Histoire récente.

D’après l’ONU, la peine de mort ne peut être appliquée que lorsqu’il s’agit des crimes les plus graves, ce qui n’est pas le cas de l’appartenance à un groupe politique illégal ou la participation à des manifestations.

Le Haut-Commissariat rappelle que selon le droit international, la peine de mort ne peut être prononcée qu’après un procès équitable et dans le respect des procédures. Or, « un procès de masse de 529 personnes qui a duré deux jours ne peut pas avoir répondu aux exigences les plus fondamentales d’un procès équitable ».

Les services de Navi Pillay ont en outre dénoncé le fait que la majorité des accusés n’étaient pas présents à leur procès. Ces faits constituent « une violation de l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ».

Sur les 528 condamnés à la peine capitale dès la seconde audience de ce procès en première instance ouvert samedi à al-Minya, au sud du Caire, seuls 153 sont en détention, les autres étant en fuite. Dix-sept autres accusés ont été acquittés.

Ils étaient poursuivis pour leur rôle présumé dans les violences qui ont suivi la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet dernier.

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a souligné que « les charges exactes retenues contre chacun des accusés ne sont pas claires car elles n’ont pas été lues ». L'agence onusienne rappelle aussi que les avocats ont dit ne pas avoir eu suffisamment accès à leurs clients. En outre, selon des témoins présents au procès, le juge n’a pas appelé chaque accusé par son nom, ce qui constitue une irrégularité, selon l’ONU.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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26/12/2014
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