Conseil des droits de l'homme : Leila Zerrougui défend la cause des enfants affectés par les crises

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La Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, a présenté au Conseil des droits de l'homme à Genève son rapport annuel couvrant la période de mai 2012 à Décembre 2013. Au cours de son exposé, Leila Zerrougui a fait état au Conseil des droits de l'homme de l'impact dramatique des conflits sur les enfants. Depuis sa dernière présentation au Conseil en Septembre 2013, le conflit armé s'est intensifié dans plusieurs pays.

« En Syrie, au Soudan du Sud, en République centrafricaine, mais aussi dans d'autres pays, des milliers d'enfants sont recrutés, tués, mutilés, violés et enlevés », a déclaré Leila Zerrougui. « Les survivants sont souvent privés d'aide humanitaire d'urgence et leurs droits humains de base sont bafoués. »

Elle a expliqué que, depuis son dernier rapport en juin dernier, la situation des enfants dans les conflits armés avait empiré, notamment en raison des conflits qui minent la planète, en Syrie, au Soudan du Sud, en République centrafricaine mais aussi en Iraq, en Afghanistan ou en Somalie.

En République centrafricaine, la situation n’est pas meilleure.  Le recrutement d’enfants, qui était structurel et dénoncé par le Secrétaire général déjà en 2005, a atteint des sommets.  On estime à entre 3500 et 6000, le nombre d’enfants enrôlés dans les groupes armés de la coalition Séléka et des anti-Balaka, a-t-elle souligné.

La Représentante spéciale a promis de continuer le dialogue avec les parties aux conflits et à mobiliser la communauté internationale pour mieux protéger les enfants. Mme Zerrougui a demandé aux États membres, ainsi qu'aux partenaires des Nations Unies et des ONG à Genève d'appuyer la campagne «Des enfants, pas des soldats » lancée conjointement avec l'UNICEF la semaine dernière et soutenue par le Conseil de sécurité le 7 Mars.

La campagne, basée sur le consensus de tous les Etats membres que les enfants doivent être exclus des forces armées en conflit, vise à mobiliser le soutien et les ressources nécessaires pour mettre fin au recrutement et à l'utilisation d'enfants par les forces de sécurité gouvernementales listées dans les annexes du rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés. Lors du lancement de la campagne à New York, les huit forces gouvernementales listées -l'Afghanistan, la République démocratique du Congo, le Myanmar, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, le Tchad et le Yémen – se sont engagés à atteindre cet objectif. La Représentante spéciale a souligné à nouveau cet important progrès durant sa présentation au Conseil des droits de l'homme.

Protéger le droit à l'éducation en période de conflit demeure un sujet de grande préoccupation pour la Représentante spéciale.

« En 2013, nous avons assisté à un nombre croissant et inquiétant d'attaques contre des écoles en Syrie, en Afghanistan et au Nigeria », a dit Mme Zerrougui. « Nous devons unir nos forces pour nous assurer que le rôle essentiel de l'éducation dans les situations d'urgence soit pleinement reconnu et que le droit à l'éducation des enfants protégé, même en temps de conflit. »

Le bureau de la Représentante spéciale se prépare d'ailleurs à publier des consignes sur la surveillance et la communication de l'information concernant les attaques contre les écoles et les hôpitaux. Cela contribuera à améliorer la capacité des Nations Unies de faire en sorte que les auteurs de ces crimes soient tenus responsables, conformément à la résolution 1998 sur les attaques contre les écoles et les hôpitaux adoptée en 2011 par le Conseil de sécurité.

(Interview : Leila Zerrougui, Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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25/07/2014
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