Commémoration des victimes de l'esclavage : la contribution de la chanteuse haïtienne Émeline Michel

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Emeline Michel, chanteuse haïtienne à la commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves

Retour sur la séance qu'a tenue l'Assemblée générale a tenue aujourd'hui une séance à l'occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, dont le thème était cette année: « Victoire sur l'esclavage; Haïti et au-delà ». L'Assemblée avait comme invitée spéciale Michaëlle Jean, Envoyée spéciale de l'UNESCO pour Haïti, membre du projet « La route de l'esclave » (2014-2015) et ancienne Gouverneure générale du Canada.

La célèbre chanteuse haïtienne Émeline Michel a clos la séance par deux chansons en créole et en français.

L'hommage qui est rendu à Haïti, l'année même du deux-cent-dixième anniversaire de son indépendance, a dit le représentant haïtien, Denis Régis, s'adresse d'abord aux premiers résistants, « aux marrons de la liberté » qui, dès le XVIe siècle, ont signifié leur refus du système esclavagiste. Il s'étend ensuite à ceux qui ont repris le flambeau en 1791, dont le précurseur Toussaint Louverture, en passant par les héros anonymes d'une guerre de libération épique qui, pour la première fois dans l'histoire, culmina dans le triomphe d'une armée d'esclaves – ces « va-nu-pieds superbes », issus de la traite négrière, sur ses oppresseurs.

Ainsi naquit Haïti en 1804, a renchéri Mme Michaëlle Jean, ancienne Gouverneure générale du Canada d'origine haïtienne. Nous ne serions pas là aujourd'hui, a-t-elle dit, sans Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Alexandre Pétion, dont la pensée des lumières a donné naissance aux mots liberté, égalité et fraternité, des mots qui ont non seulement inspiré la révolution française mais qui ont aussi fait basculer tout un monde.

Michäelle Jean a placé le combat d'Haïti à l'origine d'autres faits marquants de notre histoire commune, de l'abolition de l'esclavage en Amérique, à l'élection du premier Président noir des États-Unis, en passant par la décolonisation de l'Afrique ou la fin de l'apartheid.

« Un peuple qui n'a pas de mémoire n'a pas d'avenir », a dit l'ancienne Gouverneure du Canada qui a estimé, comme d'autres, que ce n'est pas un hasard si l'« Arche du Retour », le Mémorial permanent pour les victimes de l'esclavage, a été confiée, après un concours, à l'architecte américain d'origine haïtienne Rodney Léon. Le Mémorial, qui sera inauguré à la fin de l'année, au Siège de l'ONU à New York, a reçu aujourd'hui une autre contribution, celle de l'Espagne qui a promis une enveloppe de 30 000 euros.

Dans son message, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé qu'aujourd'hui encore « des millions de personnes sont victimes de la traite des êtres humains, de la servitude pour dettes, de l'esclavage sexuel et de la servitude domestique, alors que les auteurs de ces violations des droits de l'homme sont libres d'agir en toute impunité ». Le Secrétaire général appelle ainsi à se « souvenir des crimes passés » et à « redoubler d'efforts pour mettre fin aux crimes présents ».

Dans cette lutte contre les formes modernes d'esclavage, la représentante des États-Unis a voulu que l'on s'inspire de celle des esclaves du passé, comme ceux d'Haïti. Son homologue du Japon a promis que son pays continuera de travailler pour mettre fin à toutes les formes d'esclavage et réaliser la liberté et l'égalité pour tous.

(Extrait sonore : Émeline Michel, chanteuse haïtienne; propos recueillis par Jérôme Longué)

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22/08/2014
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