République centrafricaine : une enquête de l'OIM montre les clivages religieux parmi les déplacés

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Un employé du HCR discute avec des déplacés à l’Ecole Liberté à Bossangoa. © HCR/J.Mathurin

L’Organisation internationale des migrations (OIM) a mené une deuxième enquête sur les intentions de retour des personnes déplacées à Bangui, la capitale de la République centrafricaine (RCA). Le document montre une différence significative dans les intentions de retour de la majorité de la population mais aussi parmi les minorités. Ainsi, si 77% de la majorité de la population (chrétiens) souhaite rentrer chez elle, 66 % des minorités (musulmans et les minorités ethniques) aimeraient se rendre dans une autre région, leur pays d’origine ou rester sur un site de déplacés.

Selon les dernières conclusions de ce rapport de la Commission sur les mouvements de population publié le 11 Février dernier, il y a actuellement 714 000 personnes déplacées en RCA, dont  425 000 à l'intérieur du pays et près 289 000 déplacés vivant dans 69 sites à Bangui.

Parmi les déplacés qui aimeraient rentrer chez eux, leur principale priorité reste le logement, alors qu’il y a un mois, le besoin urgent était l'amélioration de la sécurité. L’enquête montre également les difficultés économiques parmi les personnes déplacées. 93% des déplacés indiquent avoir réduit les portions de nourriture des membres de leurs familles ; 90 % ont réduit la nourriture des adultes pour nourrir les enfants ; et 85 % des déplacés indiquent avoir passé des jours sans manger. Tous ces indicateurs ont augmenté depuis l’enquête de Janvier.

Lors des deux enquêtes menées en janvier et février, l’insécurité a été la principale raison invoquée par les déplacés pour justifier leur départ de leur lieu d’origine (99 % des répondants) et 20 % des déplacés interrogés ont dit qu’ils ont changé d'abri à plus d’un site de déplacés.

Le conflit en RCA a divisé la population entre groupes ethniques et religieux. La situation s’est détériorée au point que les musulmans et les autres minorités ne se sentent pas en sécurité nulle part ailleurs que dans les sites de déplacés. La plupart des gens restent dans les sites de déplacés dans la nuit, mais vont travailler à l’extérieur des camps pendant la journée. En comparant les deux enquêtes, la proportion de personnes déplacées qui souhaitent retourner dans leur lieu d’origine a diminué de 72 % en janvier à 65,5 % au mois de février.

Selon l'OIM, l’objectif de cette enquête est d’identifier les changements dans les intentions de retour de la communauté de déplacés sur une période d’un mois. L’enquête a été basée sur plus de 600 entretiens menés par les animateurs de sites de l’OIM dans plus de 40 sites de déplacés à Bangui.

(Extrait sonore : Christiane Berthiaume, porte-parole de l'OIM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/10/2017
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