République Centrafricaine: le PAM va établir un pont aérien face au manque de nourriture

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Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU entend établir un pont aérien depuis Douala au Cameroun jusqu’à Bangui en Centrafrique alors que l’organisation est à court de nourriture à distribuer aux déplacés dans le pays. « La date du pont aérien n’a pas été fixée, mais c’est imminent », a expliqué à Genève une porte-parole du PAM, Elisabeth Byrs.

Par ailleurs, le PAM annonce qu'une escorte de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) est attendue ce mardi 4 février à la frontière entre la République centrafricaine (RCA) et le Cameroun pour escorter 43 camions du PAM bloqués depuis le début de l'année à ce point de passage entre les deux pays.

En effet, 43 autres camions transportant des céréales du PAM sont toujours bloqués à la frontière avec le Cameroun, comme des centaines d'autres véhicules. Les chauffeurs sont réticents à l'idée de franchir la frontière, en dépit de l'offre d'escortes militaires sur la route menant à Bangui. L'impact sur l'approvisionnement alimentaire de la capitale et le reste du pays est désastreux.

En attendant ce déblocage à la frontière camerounaise, « un Boeing 747 va faire une rotation journalière avec une capacité de transport de 100 tonnes à chaque rotation. L’idée est d’avoir 2.000 tonnes de nourritures qui utilisent ce mode de transport et qui soient transportés à Bangui au cours du mois de février ». Le PAM rappelle que deux millions sont nécessaires pour ces opérations.

Sur le terrain, les réserves alimentaires du PAM à Bangui sont actuellement commencent à diminuer et à la date du 30 janvier, il ne restait plus que 120 tonnes de céréales dans les stocks de la capitale centrafricaine. Cette pénurie de réserves alimentaires tient au fait que depuis le 6 janvier les camions transportant la nourriture du PAM s’arrêtent à la frontière de la RCA avec le Cameroun, les conducteurs de camions commerciaux refusant de traverser la frontière sans escorte en raison de l’insécurité.

Fin janvier, une première escorte de la force africaine en Centrafrique s’était rendue à cette frontière permettant à 10 camions de voyager vers Bangui.  Le PAM exhorte une nouvelle fois toutes les parties au conflit à autoriser le passage en toute sécurité et sans entrave au personnel humanitaire ainsi qu'aux vivres destinés aux populations dans le besoin.

Le PAM est d’autant plus inquiet qu’une « crise nutritionnelle et alimentaire » guette ce pays. A cet égard, Elisabeth Byrs  cite une combinaison de facteurs allant du « manque d’assainissement dans les camps de déplacés, à l'insuffisance de nourriture prépositionnée, à l’augmentation du prix de la nourriture, et l’arrivée de la saison des pluies ». Une évaluation humanitaire rapide a été menée du 24 au 28 décembre dans 86 communautés, y compris les zones urbaines de Bangui et Bossangoa, a montré que 2,6 millions de personnes ont actuellement besoin d'aide humanitaire. La priorité des femmes est la protection et la nourriture.

(Interview : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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19/12/2014
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