RCA: L'ONU déplore le lynchage par des soldats à Bangui d'un homme accusé d’être membre de l’ex Séléka

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Général Babacar Gaye

En République centrafricaine, la cérémonie solennelle marquant la reformation à Bangui des FACA, les Forces armées de la RCA, s’est achevée mercredi 5 février dans la violence avec la mort d’un homme, lynché par des soldats qui l’accusaient d’être un membre de l'ex rébellion de la Séléka. Le Général Babacar Gaye, Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, a réagi en demandant ce jeudi 6 février, lors d'une conférence de presse à Bangui, qu’une enquête ait lieu et que des sanctions soient prises.

Babacar Gaye a déclaré, entre autres, que « ….Le Conseil de sécurité a une claire conscience de la situation grave dans laquelle se trouve le pays. J'ai eu, à plusieurs reprises, l'occasion d'appeler l'attention des élites et de la population sur la nécessité d'un sursaut pour éviter la violence aveugle et la violence inutile à laquelle nous assistons aujourd'hui. Et cette violence se traduit, comme vous l'avez constaté, par un déchirement du tissu social, par une perte de repères sans précédent dans ce pays. Je salue à cet égard le volontarisme de la présidente. Mais les incidents qui ont suivi hier sa visite de remobilisation des FACA sont des incidents révélateurs mais également des incidents inadmissibles. Ils doivent faire l'objet d'enquêtes et de sanctions exemplaires…. ».

En effet, quelques minutes après le départ des officiels, notamment de la présidente Catherine Samba Panza qui venait de s’adresser aux soldats réunis dans l’enceinte de l’école nationale de la magistrature, des éléments des FACA s’en sont pris à un jeune homme en civil, l’accusant d’être un membre de la Séléka, le frappant à coup de bottes, de pierres et de couteaux avant de le déshabiller, de le traîner sur la rue et de s’acharner sur son cadavre.

Selon une dépêche de l'AFP reprise dans le « Journal de Bangui », ce lynchage, auquel s’est rapidement jointe une foule ivre de colère, s’est déroulé sous les yeux de soldats de la force africaine (MISCA) qui assuraient la sécurité de la cérémonie. Selon des témoins, le corps a ensuite été démembré puis incendié, avant que la MISCA intervienne en tirant des gaz lacrymogènes et des coups de feu en l’air pour disperser la foule.

Juste auparavant, la présidente de transition avait exprimé sa fierté de voir autant d’éléments des FACA réunis lors de cette cérémonie, censée marquer la reformation des FACA, dispersées depuis le coup d’État de mars 2013 qui a vu l’arrivée au pouvoir de la Séléka et de son chef, Michel Djotodia, contraint à la démission le 10 janvier.

Mme Samba Panza avait notamment assuré aux militaires être en pourparlers avec les partenaires de la Centrafrique pour pouvoir assurer le règlement des soldes, impayées depuis cinq mois, et équiper les FACA pour qu’elles puissent assumer leur mission de sécurisation de Bangui et du territoire national. Les plus hautes autorités du gouvernement de transition et des Forces armées assistaient à la cérémonie, de même que le commandant la force française Sangaris, ainsi que le commandant-adjoint de la MISCA. Les violences ont éclaté sitôt le cortège officiel parti, au moment de la dispersion des quelque 4.000 soldats centrafricains présents à la cérémonie.

(Extrait sonore : Général Babacar Gaye, Général Babacar Gaye, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique et Chef du BINUCA, le Bureau intégré de l'ONU en RCA)

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02/09/2014
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