RCA : la violence oblige des milliers de Centrafricains à se réfugier au Cameroun

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Des milliers de déplacés vivent sur ces sites de l’aéroport de Bangui. Mais beaucoup de civils fuient désormais la capitale centrafricaine pour se réfugier au Cameroun (Photo: HCR/B.Ntwari).

A cause d'une insécurité persistante à Bangui et dans plus autres localités de la République centrafricaine (RCA), des milliers de civils ont fui ces derniers jours  leur pays pour se réfugier au Cameroun voisin.  Au cours des dix derniers jours, près de 9.000 personnes sont ainsi arrivées à Kentzou dans l’Est du Cameroun. Ce dernier afflux porte le nombre de réfugiés centrafricains au Cameroun à plus de 20.000.

« Il y a encore beaucoup de violence dans les quartiers et parmi les communautés et cela explique pourquoi les civils continuent de fuir des villes centrafricaines », fait remarquer la porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba. Les réfugiés ont indiqué aux équipes du HCR qu'ils ont fui à cause des violences ou les combats entre les combattants de l'ex Séléka et les miliciens anti-Balaka dans la capitale Bangui et dans d’autres villes du nord-ouest du pays.

La majorité de ces nouveaux réfugiés au Cameroun sont originaires de la RCA, mais le HCR précise que parmi eux figurent aussi des civils originaires du Tchad (3424), du Cameroun (1497), du Nigeria (43) et du Mali (10).

Par ailleurs, près de 1500 Centrafricains se sont également réfugiés depuis samedi dernier en République démocratique du Congo (RDC), portant désormais leur nombre à 60.000.

Depuis décembre 2012, il y a près 246.000 centrafricains qui se sont réfugiés dans les pays voisins, notamment en République démocratique du Congo, au Cameroun et au Tchad.

En outre, quelque 839.000 personnes déplacées sont actuellement hébergées dans 67 sites à Bangui ou au sein de familles d’accueil. Cela représente plus de la moitié de la population totale de la capitale centrafricaine. Environ 60 % de ces déplacés sont des enfants. Face à cette surpopulation dans les sites de déplacés, le HCR redoute un risque élevé d'épidémie de choléra, en raison aussi du manque d’installations d’eau et d’assainissement.

(Interview : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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14/12/2017
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