Proche-Orient: conflits et migrations pèsent sur la sécurité alimentaire, selon la FAO

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Le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano da Silva. Photo:FAO

 A Rome, le Directeur général de la FAO a déclaré jeudi 27 février, à l'ouverture de la réunion ministérielle de la Conférence régionale pour le Proche-Orient, que l’aggravation de la situation de la sécurité alimentaire dans cette région est liée non seulement aux problèmes structurels de production vivrière et de dépendance croissante vis-à-vis des importations alimentaires, mais aussi aux conflits, aux flux de réfugiés et aux migrations.

 José Graziano da Silva a souligné que ces problèmes qui dépassent le cadre des frontières nationales, touchent toute la région et ont des répercussions bien au-delà.

« Nous savons que la paix et la sécurité alimentaire sont indissolublement liées, au même titre que la faim et les conflits. Nous avons pu constater les conflits déclenchés par les litiges sur la nourriture et les ressources, comme la terre et l’eau. La paix est fondamentale pour la sécurité alimentaire, comme la sécurité alimentaire est fondamentale pour le maintien de la paix », a-t-il affirmé.

La cible des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) est toujours à notre portée à l’échelle mondiale, au Proche-Orient et en Afrique du Nord, mais il faudra fournir un dernier effort durant les 672 jours qui nous séparent de l’échéance, a ajouté le Directeur général.

Plusieurs pays de la région – Algérie, Djibouti, Jordanie, Kirghizistan, Koweït, Maroc et Turkménistan – ont déjà atteint la cible du premier OMD visant à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de leur population qui souffre de la faim.

Par ailleurs, l’Arabie saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unis, la République islamique d’Iran, le Liban, la Libye et la Tunisie affichaient déjà des niveaux de sous-alimentation inférieurs à 5% en 1990, l’année de référence des OMD.

L'ONU a appelé les pays à soutenir la mise en œuvre de trois initiatives régionales pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord lancées par la FAO en réponse aux priorités dégagées par ses Etats membres: gestion de l’eau, renforcement de la résilience pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, et petite agriculture et développement rural inclusif.

Soulignant que 2014 est l’Année internationale de l’agriculture familiale, il a encouragé les pays à accroître leur soutien aux petits agriculteurs en leur garantissant un accès à des technologies adéquates, aux services financiers, aux marchés et aux ressources naturelles, comme la terre et l’eau.

Durant la période 2012-2013, 100 millions de dollars ont été mobilisés en faveur des travaux de la FAO à l’échelle nationale, en particulier dans les pays victimes de conflits et de situations d’urgence, a précisé le Directeur général.

“Cependant, la disponibilité de fonds demeure un obstacle majeur à la mise à l’échelle du travail de la FAO au niveau des pays dans la région”, a indiqué José Graziano da Silva exhortant les pays de la région à plus haut revenu à intensifier leur soutien.

Il a manifesté l’espoir que d’autres pays suivent le bon exemple de la coopération régionale montré par le Gouvernement irakien, dont la contribution permettra de mettre en route le Fonds fiduciaire de solidarité régionale. Il a en outre insisté sur l’importance d’une stratégie régionale et de financements en faveur de la sécurité alimentaire au Yémen.

(Extrait sonore : Fatima Hachem, Secrétaire de la Conférence régionale de la FAO pour le Proche-Orient, sur les principaux enjeux de cette rencontre internationale; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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