Libye: l'ONU contre la possible restriction de la liberté d'expression et d'opinion

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Navi Pillay

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme est préoccupé par la possibilité qu'une nouvelle loi conduise à des restrictions injustifiées à la liberté d’expression et d’opinion en Libye. Le haut Commissariat est aussi alarmé par le nombre croissant d’attaques contre des journalistes ces derniers mois.

Des amendements au Code pénal adoptés au début de ce mois de février par la loi no 5 de 2014 devraient imposer des peines de prison pour toute personne qui porterait «atteinte à la révolution du 17 Février” et pour avoir “insulté publiquement une des autorités du pouvoir législatif, exécutif ou judiciaire”.

Les restrictions de plus en plus strictes imposées à la liberté d'expression menacent les droits que les Libyens ont revendiqués en renversant le colonel Mouammar Kadhafi, a déclaré Amnesty International à la veille du troisième anniversaire du soulèvement libyen de 2011.

Dernière mesure à ce jour prise par les autorités pour étouffer la dissidence dans le pays : la refonte d'un texte datant du régime Kadhafi qui érige en infraction l'outrage à l'État, à son emblème ou son drapeau. La version modifiée de l'article 195 du Code pénal rend illégales toutes les critiques de la révolution du 17 Février et l'outrage à agent de l'État. Une loi quasi identique élaborée sous le régime de Kadhafi interdisait tous les actes considérés comme une attaque à l'encontre de la révolution Al Fateh et de son guide.

« Il y a trois ans, les Libyens sont descendus dans la rue pour exiger une plus grande liberté et non un autre régime autoritaire, a indiqué Amnesty International. Cette organisation internationale estime que les autorités libyennes se sont engagées dans une voie dangereuse. Cet amendement se réduit à une modification sémantique : le nom d'une révolution a été remplacé par celui d'une autre. C'est un simple "copier-coller" d'un texte des années Kadhafi, qui vise de toute évidence à porter atteinte à la liberté d'expression. Cet article doit être abrogé immédiatement, selon Amnesty international.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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