FAO : la pisciculture assurera près des deux tiers de la production mondiale de poisson d’ici 2030

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Des pêcheurs déchargent des maquereaux à un marché aux poissons. Photo : ONU/M Guthrie

La pisciculture, assurera près des deux tiers de la production mondiale de poisson destiné à l’alimentation d’ici 2030, compte tenu de la stabilisation des prises de poissons sauvages et de la demande croissante d’une classe moyenne émergente à l’échelle mondiale, et plus particulièrement en Chine.

Ces projections font partie des principales conclusions d'un rapport conjoint de la FAO, la Banque mondiale et l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI). L’étude, publiée le 5 février, souligne l’ampleur des flux commerciaux de produits de la pêche des pays en développement vers les pays développés.

Selon la FAO, actuellement 38% de tout le poisson produit fait l’objet d’échanges internationaux, et plus des deux tiers en valeur des exportations de produits halieutiques des pays en développement sont destinées aux pays développés. D’après le rapport, la Chine occupe une place primordiale et croissante avec 38% de la consommation mondiale de poisson projetée en 2030. Comme de nombreuses autres nations, elle renforce ses investissements dans l’aquaculture pour satisfaire cette demande en pleine expansion.

L’Asie – en particulier l’Asie du Sud, l’Asie du Sud-Est, la Chine et le Japon – devrait représenter 70% de la consommation mondiale de poisson d’ici 2030. L’Afrique subsaharienne, en revanche, devrait voir sa consommation de poisson par habitant fléchir de 1% par an de 2010 à 2030 mais, compte tenu de la croissance démographique rapide de 2,3% durant la même période, la consommation totale de poisson de la région progressera de 30%.

D’après le rapport, l’aquaculture assurera 62% de la production de poisson destiné à la consommation d’ici 2030 avec, en tête, le tilapia, la carpe et le poisson-chat. La production mondiale de tilapia devrait pratiquement doubler, passant de 4,3 à 7,3 millions de tonnes annuelles de 2010 à 2030.

Les pêches et l’aquaculture sont une source vitale d’emplois, d’aliments nutritifs et d’opportunités économiques, en particulier pour les petites communautés de pêcheurs. Celles-ci pourraient néanmoins pâtir des risques d’épidémie à grande échelle dans l’aquaculture et des impacts du changement climatique.

(Interview : Lahsen Ababouch, Directeur de la Division des politiques et de l'économie des pêches et de l'aquaculture à la FAO; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

Classé sous Environnement, L'info, Reportages.
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