Égypte : mission de l’UNESCO au Caire pour évaluer les dommages au Musée d’art islamique

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Suite à une explosion le 24 janvier au Caire, en Egypte, dans le bâtiment abritant à la fois le Musée d’art islamique et la Bibliothèque nationale, une mission de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) s’est rendue dans la capitale égyptienne, du 30 janvier au 2 février pour évaluer les dommages causés.

La mission d’urgence était composée de représentants de l’UNESCO, du Conseil international des musées (ICOM) et du Bouclier Bleu. Elle a rencontré le Ministre d’État chargé des Antiquités, Mohammed Ibrahim, ainsi que les directeurs et le personnel des deux institutions, a précisé l’UNESCO dans un communiqué de presse.

La mission a constaté que la structure du bâtiment n’avait pas été déstabilisée. Toutefois, de graves impacts ont été enregistrés sur le revêtement de la façade extérieure et la quasi-totalité des salles d’exposition dans les deux institutions, ainsi que les verrières du toit.

« Un premier travail d’urgence sera nécessaire pour protéger le toit et les fenêtres, afin de rendre le bâtiment étanche à l’eau et éviter d’autres dommages en cas de précipitations. Il sera également urgent de vérifier et de supprimer de frêles panneaux de décoration sur le dessus de la façade, pouvant s’effondrer et blesser les passants », a souligné l’UNESCO.

Le Musée d’art islamique a vu toutes ses vitrines et équipements d’exposition détruits. Cent soixante et un objets ont été soit entièrement détruits ou si endommagés que leur restauration nécessitera de nombreuses années et un financement substantiel ; la collection de verres précieux notamment, dont neuf imposantes lampes de mosquées – certaines datant du 9e siècle – a été réduite en cendres. Ces verres ont été recueillis et triés par le personnel du musée, même si pour le moment il n’existe aucune méthode pour les restaurer.

Les objets en céramique ont également été fortement endommagés. La collection de boiseries, et en particulier les deux uniques anciens Mihrabs sculptés, sont déjà en cours de restauration. Les collections de métaux sont légèrement endommagées, et peuvent être restaurées assez rapidement par le personnel du musée. Les laboratoires de conservation et entrepôts, généralement situés au sous-sol ou à l’arrière du bâtiment, n’ont été que très peu endommagés et peuvent maintenant être utilisés pour sécuriser et restaurer les collections.

Quant au Musée des archives de la Bibliothèque nationale à Bab el Khalq, toutes ses vitrines ont été brisées – mais seuls quelques manuscrits et livres sont endommagés, principalement par une fuite d’eau de robinet défectueux et de la poussière de verre. La plupart de ces dommages peuvent être assez facilement résorbés mais nécessiteront de longs mois de travail.

L’UNESCO a indiqué qu’elle soumettrait prochainement un plan de réhabilitation de ces deux institutions et de leurs collections à des donateurs potentiels en Égypte et dans le monde. Des discussions ont commencé avec plusieurs pays et institutions, qui ont exprimé leur intérêt à aider le peuple égyptien à la restauration de ce patrimoine.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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21/11/2014
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