CPI : première audience de confirmation des charges dans l'affaire Bosco Ntaganda

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Bosco Ntaganda lors de son comparution initials devant la Cour pénal internationale le 26 mars 2013 © ICC-CPI

La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert ce lundi 10 février les audiences de confirmation des charges dans l'affaire Bosco Ntaganda. Pendant ces audiences, qui doivent durer une semaine, la procureure Fatou Bensouda doit prouver aux juges qu'elle détient un dossier suffisamment solide pour que l'ex-chef rebelle soit renvoyé en procès. Bosco Ntaganda est accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en 2002 et 2003 en Ituri par les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), milice accusée de plusieurs crimes et dont il était alors le chef militaire.

Invité à décliner son identité et sa profession, Bosco Ntaganda a rappelé, dès l'ouverture de l'audience, que depuis son transfèrement à la prison de la CPI le 22 mars dernier, il n'était plus un militaire.

Pour la procureure Bensouda, il est un « commandant notoire », qui avec d'autres, a conduit une campagne de terreur visant des civils et des enfants. L'accusation assure que cette campagne de terreur visait à contrôler l'Ituri et purifier la région de tous ceux qui n'étaient pas d'ethnie Hema.

A la Cour, Fatou Bensouda a décrit les meurtres, les viols, les pillages commis sous les ordres de Bosco Ntaganda. Selon la magistrate, l'ex-chef milicien ne se serait pas contenter d'ordonner ses crimes mais y auraient participé.

Mais pour la défense, la thèse d'un conflit ethnique ne tient pas. Maître Desalliers en veut pour preuve le fait que le suspect n'est pas Hema, qu'il n'est pas originaire de l'Ituri mais du Rwanda, qu'il a grandi au Kivu et qu'il est tutsi.

Cette première audience a permis d'en savoir plus sur la stratégie de la défense, qui rappelle que la région de l'Ituri était occupée et assure que prendre les armes pour tenter de ramener la paix et la sécurité n'est pas un crime.

Les audiences doivent se poursuivre toute la semaine après quoi les juges entreront en délibéré. Fatou Bensouda a donc jusqu'à vendredi pour convaincre les juges que les preuves qu'elle a récoltées sont assez solides pour mener à un procès. Les juges rendront une décision dans les 60 jours.

(Correspondance à la Haye de Stéphanie Maupas, Hirondelle News pour Radio Okapi)

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18/12/2017
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