Centrafrique : le HCR demande une augmentation des forces internationales

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Les réfugiés centrafricains sont regroupés dans un site à l’est du Cameroun. © HCR/M.Hofer

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a plaidé pour l'augmentation des forces internationales en République centrafricaine (RCA). Lors d'un point de presse ce vendredi 28 février à Genève, le responsable du groupe de protection de l'ONU en RCA a dénoncé le «  nettoyage ethnico-religieux qui est en cours et qui cible les musulmans ». « Les gens sont pris au piège en essayant de sauver leur vie – c’est quelque chose dont nous avons été témoins », a dénoncé Philippe Leclerc.

De façon générale, le HCR décrit une situation humanitaire contrastée avec de légères améliorations à Bangui, mais une forte inquiétude dans l'Ouest du pays.

«  A la fois à Bangui, la situation s'améliore tout doucement même si la criminalité reste très importante dans les arrondissements, mais on constate un retour des sites de déplacés vers les arrondissements et une reprise de la vie normale », fait remarquer le Représentant du HCR en France et à Monaco. En revanche, dans l'Ouest du pays, « la situation continue d'être extrêmement violente », notamment à la suite du retrait ou du cantonnement des ex Séléka. Les violences visent les populations musulmanes qui sont souvent vues comme ayant bénéficié ou étant complice des Séléka. « Ces populations vulnérables se réfugient très souvent dans des églises, sous la protection de prêtres. J'aimerai vraiment rendre hommage à la bravoure de ces hommes d'église notamment à Carnot, à Bouali ou dans toutes ces villes où sans leur intervention, des massacres auraient été commis », a ajouté M. Leclerc.

En Centrafrique, la minorité musulmane est la cible de violences de milices à majorité chrétienne formées dans un premier temps pour lutter contre les exactions de la rébellion à dominante musulmane qui avait pris le pouvoir l’an dernier.

Dans ces conditions, « il est très important » que les forces internationales soient accrues et que des « efforts politiques » soient faits pour prévenir ces massacres. « Nous lançons un appel pour que les provinces centrafricaines soient sécurisées par un nombre plus important de troupes afin que nous puissions faire notre travail humanitaire. Il faut rappeler que presque de la moitié de la population en dehors de Bangui a été déplacée par ces violences et l'insécurité ».

Le HCR tentait de mettre en place des processus de médiation pour éviter que les gens fuient. « Mais ce n’est pas toujours possible et l’ONU est parfois obligé d’évacuer des populations », a souligné Philippe Leclerc. Or le HCR note que si l'assistance humanitaire n'est pas donnée à ces populations avant la saison des pluies, « des enfants supplémentaires mourront, des personnes âgées n'auront pas accès au minimum d'assistance médicale et n'auront tout simplement rien à manger ». « Donc c'est vitale que ces zones puissent être accessibles rapidement aux humanitaires », conclut le Représentant du HCR en France et à Monaco.

Depuis décembre 2012, la violence et l’instabilité ont forcé près d’un million de personnes à fuir au sein de la République centrafricaine et vers les pays voisins, le Cameroun, le Tchad, la République démocratique du Congo et le Congo. Plus de 700 000 personnes sont déplacées à l’intérieur de la RCA, y compris à Bangui où environ 273 000 personnes sont dispersées sur 66 sites, alors que plus de 288 000 personnes ont fui vers les pays voisins.

(Extrait sonore : Philippe Leclerc, Représentant du HCR en France et à Monaco ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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24/10/2014
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