Syrie/Genève 2 : les négociations de paix sont complexes et prendront du temps, estime Lakhdar Brahimi

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Le quartier de Baba Amro, à Homs, Syrie. [Photo ONU/Atiqul Hassa]

Le gouvernement syrien a accepté de permettre aux femmes et aux enfants de quitter la ville assiégée de Homs, selon l'Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi.

S’exprimant dimanche à l’issue de la deuxième journée de réunion entre les parties au conflit, à Genève, Lakhdar Brahimi a déclaré que le gouvernement syrien a demandé à tous les hommes qui le souhaitent de quitter la ville de Homs.

” Le gouvernement dit que les femmes et les enfants pourront quitter la vieille ville de Homs quand ils veulent. Il demande la liste des civils afin de vérifier qu'ils sont des civils et non des personnes armées “.

Devant les journalistes, l'Envoyé spécial conjoint a déclaré qu'un convoi d’aide était prêt à fournir une assistance humanitaire aux civils piégés à Homs, ajoutant que les groupes armés dans la ville se sont engagés à assurer leur passage en toute sécurité .

” Nous espérons que les convois entreront demain. Les individus armés dans la vieille ville de Homs nous ont dit et dit à d'autres qu’ils ne stopperont pas les convois. Nos collègues de l’ONU à Damas ont parlé avec le gouverneur de Homs et la décision n’est pas encore prise. Donc pour demain, il faut attendre et voir. Commençons, puis nous verrons bien ce qui se passe “.

Lakhdar Brahimi a indiqué que la réunion de dimanche s'est focalisée sur l’éventuelle libération de personnes détenues par le gouvernement et les groupes rebelles. Il a déclaré que l’opposition a accepté de dresser une liste des personnes qu'elle détient.

” Nous avons demandé au gouvernement de libérer les femmes, les enfants et les personnes âgées détenus. Le gouvernement a demandé à l’opposition de lui donner une liste des personnes qui sont aux mains de divers groupes armés et l’opposition a promis qu’elle va essayer de recueillir les listes qui ont été demandées aux organisations qui ont autorité ou sont en contact avec elles. ”

Lakhdar Brahimi a déclaré que la guerre en Syrie est devenue extrêmement complexe au fil des mois en ajoutant qu’il était encore trop tôt pour prédire combien de temps les négociations dureront.

“C'est extrêmement difficile, compliqué. La situation en Syrie s'est aggravée durant une très longue période de temps et faire sortir le pays de l'abîme prendra du temps”, a-t-il déclaré, avant d'ajouter. “On m’accuse souvent d’être trop lent. Mais je pense qu'il vaut mieux être lent plutôt que de se précipiter, parce qu'en allant très vite on peut gagner une heure mais aussi perdre une semaine. Jusqu’à présent, je pense que le processus se poursuit, mais ce n'est que le début”.

Les pourparlers reprendront lundi avec les deux parties censées entamer des discussions sur la base du communiqué de Genève de juin 2012, qui appelle entre autres à la formation d’une autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs .

(Mise en perspecitve : Jérôme Longué)

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23/10/2017
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