RCA : plus de 2 millions de personnes ont besoin d’aide, selon l’OCHA et le PAM

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Des bénévoles aident a décharger un camion de rations alimentaires du PAM à l’église Saint Joseph Mukasa à Bangui. Photo : WFP/Djaounsede Pardon Madjiangar

Les Nations unies évaluent à 2,6 millions, soit plus de la population centrafricaine, le nombre d'habitants qui ont besoin d'une aide humanitaire en raison de la détérioration de la situation depuis décembre dernier. Parmi ces personnes vulnérables, il y a près de 604. 000 à Bangui et 2 millions dans d'autres zones urbaines et rurales de la République Centrafricaine (RCA). Selon une enquête du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et du Programme alimentaire mondial (PAM), les besoins les plus urgents restent la nourriture, les soins de santé, la protection, l’eau et l’assainissement.

Ces personnes vulnérables ont particulièrement besoin « de nourriture et leur survie dépend de l’aide alimentaire qui va être apportée notamment dans les sites de déplacés à Bangui », fait remarquer Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève.

Lors de cette enquête réalisée du 24 au 28 décembre 2013 à Bangui et Bossangoa, près de 307 dirigeants de 86 communautés locales ont été interrogés. Cette étude montre que la situation devient de plus en plus précaire pour la population centrafricaine. « La qualité de la nourriture a baissé. Certaines familles sont passées de trois repas à un repas par jour », souligne Elisabeth Byrs. « 90% des civils interrogés lors de cette enquête sont passés à un repas par jour. Ce qui implique des conséquences nutritionnelles surtout pour les plus vulnérables à savoir les enfants et les femmes enceintes. C’est un souci ».

En outre, les familles interrogées ont indiqué qu’elles n’avaient plus assez de réserve alimentaire. « Elles ont vécu sur leurs réserves pendant un certain temps et désormais les stocks s’épuisent ».

En raison de la détérioration de la situation sécuritaire, le rapport constate une  inflation des prix aussi à Bangui que dans les villes de l’intérieur du pays. Des denrées comme le sucre, l’huile et le lait ont augmenté de 40%. « Cette situation découle aussi de l’interruption des transports, des problèmes d’approvisionnement des marchés ou de la raréfaction des denrées alimentaires ».

Par ailleurs, le PAM reste très préoccupé par la détérioration de la situation sécuritaire dans le Nord-Ouest du pays surtout dans la région de Bozoum. « Cela gêne et interrompt l’assistance humanitaire et la distribution de vivres », fait remarquer la porte-parole du PAM. La situation précaire dans l’ensemble du pays rend les opérations d’assistance extrêmement difficiles pour les humanitaires qui tentent de répondre aux besoins de populations en grande détresse.

Le PAM exhorte donc toutes les parties au conflit à garantir l’accès des travailleurs humanitaires aux personnes ayant besoin d’assistance.

En dépit de ces défis sécuritaires, le PAM fournit une assistance alimentaire à des personnes déplacées dans 34 sites répartis dans le pays, notamment à Bangui, Bossangoa et Bouar. Depuis la reprise des affrontements intercommunautaires début décembre en République centrafricaine, le PAM a apporté assistance à plus
de 242.500 personnes.

Le PAM a besoin de 107 millions de dollars pour porter assistance à 1,25 millions de personnes en Centrafrique entre janvier et août 2014.

(Interview : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/07/2014
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