OMS/CIRC : plus de 8 millions de décès liés au cancer et forte hausse du cancer du sein

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Contrairement à cette patiente malgache, dans de nombreux pays en développement, seuls quelques chanceux bénéficient de traitements contre le cancer (Photo d'archvies: T. de Mul/IRIN).

Le fardeau mondial du cancer s’est élevée à 14,1 millions de nouveaux cas et à 8,2 millions de décès en 2012. Selon le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le cancer, ces données sont en augmentation comparées aux 12,7 millions de nouveaux cas dénombrés en 2008 et aux 7, 6 millions de décès enregistrés la même année. La prévalence estimée pour 2012 montre que 32,6 millions de personnes âgées de plus de 15 ans, encore en vie avaient eu un cancer diagnostiqué dans les cinq années précédentes.La nouvelle version de la base de données en ligne du CIRC, GLOBOCAN 2012, donne les estimations les plus récentes pour 28 types de cancers dans 184 pays et offre un aperçu complet du fardeau mondial du cancer.

Les cancers les plus fréquemment diagnostiqués dans le monde sont ceux du poumon (avec 1,8 million de cas, soit 13,0 % du total), du sein (1,7 million de cas, ou 11,9% du total) et le cancer colorectal (1,4 million de cas, ou 9,7% du total). Les causes les plus fréquentes de décès par cancer étaient les cancers du poumon (1,6 million de décès, 19,4% du total), du foie (0,8 million de décès, 9,1% du total) et de l’estomac (0,7 million de décès, ou 8,8% du total).

Bien que l’incidence soit en augmentation dans la plupart des régions du monde, il y a d’énormes inégalités entre les pays riches et les pays pauvres. Les taux d’incidence demeurent les plus élevés dans les régions les plus développées, mais la mortalité est beaucoup plus élevée relativement dans les pays pauvres, faute de détection précoce et d’accès aux traitements. En Europe occidentale, par exemple, l’incidence du cancer du sein est supérieure à 90 nouveaux cas pour 100 000 femmes par an, par rapport à 30 pour 100 000 en Afrique de l’Est. En revanche, les taux de mortalité dans ces deux régions sont presque identiques à environ 15 pour 100 000, ce qui pointe clairement le diagnostic tardif et une survie beaucoup moins bonne en Afrique de l’Est.

Le rapport montre également une forte hausse des cancers du sein dans le monde entier , avec notamment 1,7 million de femmes diagnostiquées du cancer du sein chaque année. en 2012, 6,3 millions de femmes vivaient avec un cancer du sein diagnostiqué au cours des cinq années précédentes. Depuis les dernières estimations pour 2008, l’incidence a augmenté de plus de 20%, et la mortalité de 14%. Le cancer du sein est la cause la plus fréquente de décès par cancer chez les femmes (522 000 décès) et le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes dans 140 des 184 pays couverts par GLOBOCAN dans le monde. Il représente maintenant un cancer sur quatre chez les femmes. « Le cancer du sein est aussi l'une des principales causes de décès par cancer dans les pays les moins développés », explique le Dr Forman, Chef de la Section Données du cancer, le groupe du CIRC responsable de la compilation des données mondiales sur le cancer.

Dans ces conditions, « il est aujourd'hui urgent, pour mieux lutter contre le cancer, de développer des approches efficaces et abordables pour la détection précoce, le diagnostic et le traitement du cancer du sein chez les femmes vivant dans les pays les moins développés du monde », fait remarquer Dr Christopher Wild, Directeur du CIRC.

Par ailleurs, les tendances mondiales montrent qu'avec 528 000 nouveaux cas chaque année, le cancer du col utérin est le quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde, après les cancers du sein, colorectal et du poumon, notamment dans les pays à faibles ressources de l’Afrique subsaharienne. Il est également la quatrième cause la plus fréquente de décès par cancer (266 000 décès en 2012) chez les femmes dans le monde. En effet, près de 70% du fardeau mondial pèse sur les régions à faible développement, l'Inde hébergeant plus d’un cinquième de tous les nouveaux cas diagnostiqués.

«  Mais cette maladie ne doit pas être une condamnation à mort, même dans les pays pauvres », explique le Dr Rengaswamy Sankaranarayanan, chercheur principal d'un projet de recherche du CIRC sur le dépistage du cancer du col en Inde rurale. « Des outils de dépistage peu coûteux et de faible technicité existent aujourd'hui, qui pourraient réduire sensiblement le fardeau des décès par cancer du col dans les pays les moins développés », a-t-il ajouté.

(Interview : Dr Christopher Wild, Directeur du Centre international de Recherche sur le Cancer- OMS- ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/12/2014
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