Genève 2 : les femmes syriennes demandent à être associées aux négociations

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Alors que les divers intervenants prenaient la parole et tenaient des discours parfois virulents au cours du premier jour de la Conférence de paix pour la Syrie Genève 2, mercredi, à Montreux, en Suisse, une délégation de l'Initiative des femmes syriennes pour la paix et la démocratie rencontrait les ministres des affaires étrangères du Royaume-Uni, des Pays Bas, ainsi que la Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, E Catherine Ashton, revendiquant la participation des femmes et de la société civile aux processus de paix.

Selon l’universitaire Basma Kodmani, l'une des membres de l’Initiative, pour ces femmes il est important de ne pas «résumer la représentation des Syriens à une délégation du régime et une délégation de l'opposition qui est certes une coalition large mais qui ne représente pas beaucoup de voix dans la société syrienne » et notamment celles des femmes qui sont “très mal représentées”.

Les femmes de l'Initiative ont demandé une représentation sous forme de troisième délégation ou en tant qu'observatrices, et ont reçu la promesse qu'elles seraient associées activement aux processus de paix en tant que femmes.

Pour Basma Kodmani, l'une des caractéristiques les plus importantes de leur groupe c'est qu'il est représentatif de beaucoup de courants. Ses membres ont des opinions différentes, vivent dans des régions différentes y compris des femmes des régions sous contrôle du régime.

Elles viennent surtout insister sur les aspects humanitaires y compris le cessez-le-feu et la levée du siège de quartiers et communautés dans lesquels se trouvent des civils depuis parfois un an et où la population littéralement meurt de faim.

« Cette punition de la population civile est intolérable », a déclaré Basma Kodmani, ajoutant « nous faisons porter la responsabilité aux négociateurs, aujourd'hui, il faut absolument parvenir à un accord sur ces aspects là pour soulager la population civile. De là, peut-être aurons-nous un début de climat apaisé de façon à ce que la négociation politique puisse s'engager ».

Ces femmes syriennes rejettent haut et fort la partition de la Syrie et le partage du pouvoir entre communautés, soit un arrangement intercommunautaire, expliquant que les divisions qu'ont créées la guerre sont une anomalie qui ne doit pas servir de base à un règlement politique.

(Extrait sonore : Basma Kodmani, membre de l'Initiative des femmes syriennes pour la paix et la démocratie; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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20/10/2017
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