Egypte : Navi Pillay préoccupé par les répressions menées contre les journalistes

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Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme est extrêmement préoccupé par la répression de plus en plus grave et les attaques physiques contre les médias en Egypte, qui entravent leur capacité à fonctionner librement.

Ces derniers mois, il y a eu de nombreux rapports faisant état de harcèlement, de détention et de poursuite de journalistes nationaux et internationaux ainsi que d'attaques violentes, comme celle du week-end dernier, à l'occasion du troisième anniversaire de la révolution égyptienne, au cours desquelles des journalistes ont été blessés. Des rapports non confirmés suggèrent que plusieurs journalistes ont été blessés par des tirs à balles réelles ainsi que par des balles en caoutchouc, samedi dernier, dont certaines auraient pu été tirés par les opposants au gouvernement, ainsi que par la police et d’autres forces gouvernementales. Cela accentue l’environnement difficile et de plus en plus dangereux pour les journalistes qui essaient de faire leur travail dans le pays.

Un nombre important d’autres journalistes couvrant les événements liés à l’anniversaire ont été arrêtés par les autorités, bien que la plupart aient été ensuite libérés.

L’annonce faite mercredi par le Procureur général de son intention de traduire en justice 16 journalistes locaux et quatre correspondant étrangers qui auraient travaillé pour la chaîne internationale Al Jazeera, sur de vagues accusations, y compris celle d'avoir ” aidé un groupe terroriste ” et d'avoir essayer de porter “atteinte à l’intérêt national “, est également préoccupante.

La décision du Procureur général révèle non seulement un ciblage systématique du personnel d'Al Jazeera – dont cinq membres sont actuellement en garde à vue – depuis la chute du gouvernement précédent en juillet dernier, mais aussi contribue à accroître la crainte parmi les représentants des médias en général, tant au niveau national qu'international, ce qui est profondément préjudiciable à la liberté d’expression et d’opinion.

Le Haut Commissariat demande donc instamment aux autorités égyptiennes de libérer immédiatement tous les journalistes emprisonnés pour avoir exercé légitimement leur fonction de couvrir l'actualité conformément à leurs droits fondamentaux. Il est du devoir de l’État de veiller à ce que le droit à la liberté d’expression est respecté et que les journalistes sont en mesure de rendre compte des divers points de vue et des questions entourant la situation actuelle en Egypte.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/10/2017
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