Comité des droits de l'enfant de l'ONU : le Vatican s'explique sur les allégations de pédophilie dans l'église

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A Genève ce jeudi 16 janvier, le Comité des droits de l'enfant de l'ONU a demandé au Vatican d'expliquer sa lutte contre la pédophilie dans l'Eglise. Même si les experts du Comité ont reconnu que des progrès ont été faits, mais ils ont demandé au Saint-Siège si « les enfants ont la possibilité d’être entendus, surtout s’il s’agit de victimes » et s’il « existait un mécanisme au sein de l’Eglise pour permettre aux enfants de faire part des violences sexuelles dont ils peuvent être l’objet ».

L'exercice est périlleux pour le Saint-Siège, mais pour le Comité des droits de l'enfant de l'ONU, l'objectif est d'avoir des explications sur les mesures prises par le Vatican pour lutter contre la pédophilie dans l’Eglise. «Quels changements ont été apportés au code de conduite pour prévenir ces abus sexuels? Quelles sanctions ont été prises contre les prêtres ayant eu une conduite inappropriée?», a demandé une des expertes du Comité, Sara Oviedo.

Le Vatican, qui a pris la parole en premier lors de cette session à Genève, a pour sa part défendu son action en matière de lutte contre la pédophilie dans l’Eglise. «Ceux qui commettent des abus se trouvent parmi les membres des professions les plus respectées, et malheureusement, y compris parmi les membres du clergé et parmi d’autres représentants de l’Eglise», a déclaré le Représentant du Vatican auprès des Nations unies à Genève. Silvano Tomasi a rappelé que le Vatican avait ratifié la Convention des droits de l’enfant en 1990, et ses protocoles – dont l’un concerne la pornographie infantile – en 2000.

De son côté, Mgr Charles Scicluna, membre de la délégation du Vatican, a rappelé que « quand des églises locales, des évêques ou de hauts responsables des congrégations religieuses sont confrontées à des allégations d'abus sexuel sur un mineur par un membre du clergé, ils doivent faire une enquête et rendre compte à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Mais cette procédure ne se substitue pas et ne remplace pas la loi du pays où l’abus sexuel d’un mineur est à juste titre considéré comme un flagrant délit ».

Il encourage ainsi son clergé à écouter les victimes d’abus sexuels, de reconnaître leur souffrance et apporter une assistance spirituelle et psychologique en vue de favoriser la guérison, la réconciliation et la réinsertion sociale des victimes d'abus.

En conclusion, le Saint-Siège assure que «l’Eglise catholique veut devenir un exemple de bonne conduite» et « il n’y a aucune excuse pour toute forme de violence ou d’exploitation des enfants».

Le Comité des droits de l'enfant de l'ONU publiera le 5 février prochain ses conclusions et recommandations sur le Vatican.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

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19/10/2017
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