Syrie : rapts dans les deux camps et des disparitions forcées qualifiées de crime contre l’humanité

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Un enfant syrien à Homs: dans plusieurs de ces localités où sévit la violence, une campagne d’intimidation est utilisée comme une tactique de guerre en Syrie (Photo d'archives: PAM/A. Etefa).

L’armée régulière syrienne ainsi que les forces anti-Assad recourent régulièrement aux enlèvements de civils.  Dans un document de dix pages, la commission d'enquête des Nations unies pour la Syrie relève aussi qu'il y a de bonnes raisons de croire que « les disparitions forcées commises par les forces gouvernementales dans le cadre de vastes et systématiques attaques contre la population civile constituent un crime contre l'humanité». 

La Commission internationale d’enquête des Nations unies pour la Syrie accuse Damas d’avoir pratiqué des disparitions forcées depuis le début de la crise syrienne en 2011.   L'équipe de Paulo Sergio Pinheiro cite pêle-mêle l'enlèvement de civils par les forces de sécurité et des milices pro-gouvernementales. Cette campagne d'intimidation se conjugue par des arrestations de masse, des perquisitions des domiciles, aux barrages et dans les hôpitaux. Le rapport ajoute que ces enlèvements ont souvent un caractère punitif, en visant les membres de la famille des déserteurs, des militants et des personnes donnant des soins médicaux aux opposants. Et dans certains cas, des membres de la famille qui se sont adressées aux services de sécurité pour avoir des informations sur les disparus sont eux-mêmes arrêtés.

Dans ces conditions, la Commission estime que ces disparitions forcées pourraient constituer un crime contre l’humanité.

Mais du côté des forces anti-Assad, le rapport pointe du doigt la prise d’otages en échange de prisonniers ou des rançons, sans pour autant qu'on puisse parler de disparitions forcées dans la mesure où la situation des victimes n’est pas cachée aux familles. Mais ces derniers mois, certains groupes d'opposition,  se sont livrés à des pratiques qui sont assimilables à des disparitions forcées en violation du droit international humanitaire.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

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14/12/2017
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