Somalie : il faut un véritable consensus des Somaliens sur l'avenir du pays, estime Nicholas Kay

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Nicholas Kay, Représentant spécial de l’ONU pour la Somalie.

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin, à New York, la situation en Somalie. Les quinze ont entendu par vidéoconférence un exposé de Nicholas Kay, le Représentant spécial du Secrétaire général et patron de la Mission d’assistance des Nations Unies en Somalie (ONUSOM).

Nicholas Kay a indiqué que depuis sa dernière intervention devant le Conseil, le 12 septembre dernier, on a pu hélas vérifier les craintes exprimées alors concernant l’impact de la Somalie comme bastion pour les terroristes qui pourraient se faire sentir bien au-delà des frontières du pays, de Bamako à Bangui. Pour autant, le chaos prédit par certains n'a pas eu lieu.

Pour le Représentant spécial, les violences telles que l'attentat en septembre contre le centre commercial de Westgate Mall à Nairobi confirment la nécessité d'une approche globale contre le terrorisme en Somalie. Celle-ci doit s'accompagner d'efforts politiques, militaires et de développement.

Ainsi, la Somalie sera un partenaire stable et fort dans la région et dans le monde quand elle aura des institutions étatiques solides, y compris des forces de sécurité responsables et professionnelles, et qu'il y aura un vrai consensus entre les Somaliens sur la façon dont ils souhaitent gérer leurs affaires et leurs ressources.

Nicholas Kay a fait valoir qu'après vingt deux ans de conflit, les Somaliens ne sont pas seulement prêts, mais veulent plus que tout relever ce défi politique. Des préparatifs sont en cours pour de nouvelles opérations avec la force africaine de l'AMISOM dans les parties de la Somalie encore contrôlées par les milices Al-Sahbab. L'Ethiopie s'est engagée à fournir des troupes supplémentaires. A cet effet, le Représentant spécial a lancé un appel pour que des hélicoptères utilitaires mais aussi de combat soient fournis afin de faciliter le déploiement des troupes et améliorer la logistique, mais aussi afin d'assurer le succès des opérations militaires.

Nicholas Kay a aussi indiqué que deux crises à Mogadiscio avaient posé des problèmes importants dans les derniers mois. Tout d’abord, le vote défiance vis-à-vis du Premier ministre qui a entraîné son départ et  qui a ralenti l’avancement des tâches de renforcement de l’État l, et d’autre part, la démission du gouverneur de la banque centrale, qui a sapé la confiance des bailleurs de fonds internationaux.

Le Représentant spécial a insisté sur les quatre conditions à réunir pour réussir à long terme. D'abord, il faut une réconciliation à l'échelle nationale et locale ; il faut ensuite réduire sensiblement le nombre des 18 régions fédérales; il importe également de finaliser une nouvelle constitution ; et enfin il faudra procéder à des élections générales en 2016.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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08/12/2017
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