Salif Keïta : la cause des albinos ne doit pas être seulement le problème des Africains

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L’artiste malien Salif Keïta lors de sa prestation au Palais des Nations pour marquer le 20e anniversaire du Haut Commissariat et défendre la cause des alibinos (Photo: ONU/V. Martin)

Le Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU poursuit à Genève les festivités marquant le 20e anniversaire de sa création. Le Chanteur malien, Salif Keïta, est présentement à Genève et il en profite pour défendre la cause des albinos en Afrique. Et l'interprète de « Folon » pense qu'il faut combattre les traditions et l'ignorance afin de mieux lutter contre la discrimination dont sont victimes les albinos.« J'aime la liberté et qui parle de droits de l'homme parle de liberté. Il y a des minorités qui sont discriminées, et dont je fais partie,  qui ont des problèmes d'insertion sociale et d'éducation », fait remarquer le fondateur de la Fondation Salif Keïta pour les albinos. Et la création de cette fondation s'inscrit dans le cadre de la défense des populations discriminées, cause qu'il défend depuis plus d'une vingtaine d'années.

Salif Keïta rappelle qu'avant les albinos avaient peur de se réunir ou de se regrouper pour défendre leur situation. « Maintenant ils n'ont plus peur », a-t-il souligné dans cet entretien accordé à la Radio des Nations Unies.

A cet égard, il a salué la résolution votée en juin dernier par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui condamne la maltraitance des albinos en Afrique. « Il y a beaucoup d'espoir dans ce combat. C'est une étape très importante pour la vie des albinos », fait-il remarquer.

Malgré cette étape initiée par le Groupe africain au Conseil des droits de l'homme, Salif Keïta n'oublie pas le poids des préjugés et de la tradition en Afrique. Dans ces conditions, il pense que le « problème ce sont les traditions, l'ignorance ». Mais le chanteur malien ne désespère pas même dans des pays comme « la Tanzanie ou le Burundi où se passent des atrocités, il y a une prise de conscience ». « Il y a des institutions comme les Nations Unies et l'Union africaine qui commencent à se mobiliser sur ce problème. Ce problème des albinos ne doit pas être seulement des africains, mais du monde entier », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, concernant la situation au Mali, il rappelle que la situation commence à se stabiliser avec la constitution d'un gouvernement légal, un début d'entente du nord au sud du pays. « Ca va peut-être pendre du temps, mais le Mali y arrivera », plaide-t-il avec une bonne dose d'optimisme.

Décembre étant la période des vœux, Salif Këita « souhaite la paix dans le monde, beaucoup plus de soutien pour les populations discriminées et une meilleure prise de conscience mondiale pour la défense des droits de l'homme. »

(Interview : Salif Keïta, Musicien malien et fondateur de la Fondation pour les albinos ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/04/2014
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