Rétrospective 2013 : la République centrafricaine sort de l'oubli

Écouter /

L'année 2013 aura été une année très mouvementée pour la République centrafricaine. Ce pays enclavé situé au cœur de l'Afrique, riche de terres fertiles et de ressources minérales dont des diamants, a connu une grave crise politique qui l'a maintenu au bord du gouffre tout au long de l'année.

Le pays a vu la montée au pouvoir d'une coalition de quatre groupes rebelles, la Seleka, dont les membres se sentent lésés par les accords de paix signés avec le Président François Bozizé entre 2007 et 2011.

En à peine trois mois, la Seleka s'empare du pays et le 24 mars dépose le Président François Bozizé, au pouvoir depuis 10 ans. Son dirigeant, Michel Njotodja, s'autoproclame président et établit un nouveau gouvernement d'union nationale, soutenant le Premier ministre Nicholas Tiangaye .

L'ONU et la communauté internationale ont multiplié les efforts tout au long de l'année pour chercher à réduire les violences et trouver des solutions pacifiques afin de sortir de la crise, passant de la négociation des Accords de paix de Libreville en début d'année à l'adoption d'une résolution autorisant l'envoi de troupes françaises en vue de la création d'une mission de maintien de la paix, en décembre.

Sur le plan humanitaire, la crise politique et sécuritaire de la République centrafricaine ont eu un effet dévastateur.

Si en janvier l'on parlait de plus de 300 000 personnes affectées dans les zones de combat et de 700 000 dans les environs de Bangui, en fin d'année, c'est la totalité du pays, soit 4,6 millions de personnes, qui se voient directement touchées par le conflit en raison de l'effondrement des services et de l'ordre public. Un million de personne est confronté à l’insécurité alimentaire.

Les déplacés passent de 80.000 a plus 700.000 personnes. Plus de 50% des structures sanitaires et 80% des centres de vaccination ne plus opérationnels; 2,3 millions d'enfants sont directement affectés, dont environ 6 000 ont été recrutés dans des groupes armés. L'insécurité règne et la crise se déroule sur fond d'exactions avec des allégations d’assassinats, d’actes de torture, de violences contre les femmes, de disparitions forcées, de pillages, de justice populaire et d’absence d’état de droit.

Aussi, dans la spirale de la violence et des représailles, le conflit commence à prendre une dimension sectaire, un nouveau phénomène pour le pays.

(Extraits sonores : Margaret Vogt, Représentant du Secrétaire général des Nations Unies pour la RCA ; général  Babacar Gaye, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la RCA ; Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies ; Olivier de Frouville, Président du groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires ; Kaarina Immonen, Représentante spéciale adjointe des Nations Unies pour la République centrafricaine ; Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés ; mise en perspective : Cristina Silveiro)

Le dernier journal
Le dernier journal
18/04/2014
Loading the player ...