République centrafricaine : Navi Pillay invite les dirigeants à cesser d'attiser la violence sur une base religieuse

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Manifestation pour la paix à Bangui le 19 décembre 2013. (Photo: BINUCA)

La Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme est vivement préoccupée par l’intensification des tensions intercommunautaires qu’exacerbe la présence de ces hommes en armes parmi la population, et qui alimente le climat de peur qui s’installe en République centrafricaine (RCA).  Navi Pillay a averti que la situation restait extrêmement volatile, avec des violences incessantes, de l'intimidation et une absence de gouvernance. « L'implication présumée d'éléments originaires de pays voisins augmente le risque d'une crise qui pourrait devenir dangereuse et difficile à contrôler si rien n'est fait », a-t-elle prévenu.Une équipe de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies présente en République centrafricaine a documenté des violations des droits de l'homme commises au cours des derniers mois, y compris des tueries, des violences sexuelles, des détentions arbitraires, des attaques contre des hôpitaux, des destruction de propriétés et la prise pour cible d'individus sur la base de leur religion. L'équipe a aussi reçu des rapports faisant état de violences continues, commises à la fois par des groupes anti-Balaka et par des forces ex-Séléka, dans diverses parties du pays.

La Haut-Commissaire a averti que les différences religieuses étaient manipulées par des dirigeants politiques, avec des conséquences mortelles. « Trop souvent dans l’histoire, nous avons vu la manipulation politique des différences religieuses et ethniques entraîner d'horribles violations et des dommages durables sur le tissu social d’un pays », a averti Navi Pillay. « J’exhorte les dirigeants aux niveaux national et local en République centrafricaine à cesser d'attiser la violence sur la base de la religion. »

La Haut-Commissaire a souligné les efforts louables de l’archevêque de la République centrafricaine Dieudonné Nzapalainga, du pasteur Nicolas Guerekoyame, et de l’Imam Omar Kobina Layama, pour diffuser un message de paix entre communautés.

« La communauté internationale doit également donner la priorité au désarmement de toutes les parties et au fait que les auteurs de graves violations des droits de l’homme rendent des comptes. La mise en place d’une commission d’enquête devrait envoyer un message fort aux auteurs de violations que la communauté internationale est déterminée à leur faire rendre des comptes », conclut Navi Pillay.

(Extrait sonore : Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissairiat de l'ONU aux Droits de l'Homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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