République centrafricaine : l’UNICEF dénonce les atrocités commises contre des enfants

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En République centrafricaine (RCA), où les violences continuent de faire rage, les attaques contre les enfants sont devenues encore plus odieuses, a dénoncé lundi le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), affirmant qu’au moins deux d’entre eux avaient été décapités, dont l’un après avoir été mutilé.

« Nous assistons à des niveaux de violence sans précédent contre les enfants. Ils sont de plus en plus nombreux à être recrutés par des groupes armés et sont aussi directement visés par des représailles atroces », a déploré Souleymane Diabaté, qui dirige l’UNICEF en RCA.

« Les attaques ciblées contre les enfants constituent une violation du droit international humanitaire et doivent cesser immédiatement. Une action concrète est maintenant nécessaire pour prévenir la violence à leur encontre », ajoute-t-il.

L’UNICEF et ses partenaires ont documenté les meurtres d’au moins 16 enfants, tandis que 60 autres ont été blessés, depuis le déclenchement des violences interconfessionnelles dans la capitale Bangui le 5 décembre.

La République centrafricaine est plongée dans la tourmente depuis que les rebelles de l’ex-Séléka, majoritairement musulmans, ont lancé une offensive il y a un an, contraignant le Président François Bozizé à quitter le pouvoir en mars. Un gouvernement de transition a permis dans un premier temps de rétablir un semblant de paix, ouvrant la voie à de futures élections démocratiques. Mais le mouvement essentiellement chrétien des anti-Balaka a pris les armes et des affrontements interconfessionnels ont éclaté à Bangui début décembre.

Les agences onusiennes dans le pays ont signalé que la situation humanitaire dans le pays ne cesse de se détériorer, alors que les violences ont fait 600 victimes rien que ce mois-ci et plus de 100.000 personnes ont été chassées de leurs foyers à Bangui.

M. Diabaté a déclaré que des éléments armés avaient la responsabilité de prendre des mesures spécifiques pour protéger les enfants, en particulier ceux qui exercent des fonctions de commandement.

« Des ordres clairs doivent être donnés pour que les enfants ne soient pas recrutés dans le cadre des combats, ni pris pour cible », demande l’UNICEF, qui appelle également à la libération immédiate des enfants associés aux forces et groupes armés et à leur protection contre des représailles.
L’agence exige également l’interdiction des attaques contre les personnels de santé et d’éducation, et de l’utilisation des espaces publics à des fins militaires, écoles et hôpitaux au premier chef.

L’UNICEF intensifie actuellement ses efforts de secours au sein des communautés de déplacés, en leur fournissant notamment eau potable, installations sanitaires et fournitures médicales, et en emménageant des espaces sûrs pour les enfants.

(Interview : Souleymane Diabaté, Représentant de l’UNICEF en RCA; propos recueillis par Florence Westergard).

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24/11/2014
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