RCA : Bangui attaquée alors que le Conseil de sécurité décide de renforcer le dispositif international

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Alors que le Conseil de sécurité s'apprêtait à adopter la résolution 2127 permettant de renforcer les opérations des forces africaines en République centrafricaine (RCA) ce jeudi, Bangui, la capitale, était le théâtre d'attaques « en règle » menées par des éléments armés.

Un couvre-feu a été instauré par les autorités à partir de 18h00, heure locale et la situation s'est calmée.

Selon le Général Babacar Gaye, il s'agissait d'échanges d'armes lourdes et de détonations, qui ont entraîné des pertes en vies humaines et des assassinats ciblés. Aussi, les victimes de ces attaques étaient principalement les populations ciblées sur des bases religieuses.

« Chaque fois qu'il y a maintenant dans ce pays des violences, les victimes ce sont les communautés sur des bases religieuses. Nous n'en sommes pas encore à ce que les communautés prennent les armes pour s'attaquer entre elles mais c'est sur des bases d'appartenance religieuse que malheureusement s'exercent les violences », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine dans une interview à la Radio des Nations Unies.

Selon Babacar Gaye, il y avait deux protagonistes dans les confrontations ce matin, les ex-Seleka et les anti-Balaka. Les anti-Balaka, anti-machette en langue Sango, sont à l'origine des groupes d'autodéfense contre les coupeurs de route et les bandits qui suite aux exactions des Seleka contre les populations se sont progressivement constitués ; leur mouvement s'est amplifié au point qu'un groupe arrive aujourd'hui jusqu’à attaquer la capitale

Le Représentant spécial a qualifié cette violence, qui s'est traduite par des exactions contre les populations, « d'inutile ».

Les représentations des Nations Unies, de l'Union africaine, de l'Union européenne et de la France ont condamné avec la plus grande fermeté cette attaque et ces agissements qui portent atteinte à la vie de la population et mettent en danger le processus de transition.

Selon Babacar Gaye, la Résolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité est très attendue. Elle va tout d'abord apporter à la force africaine le soutien que l'Union africaine n'a cessé de demander. Ensuite, c'est une résolution dont les événements récents montrent l'importance. Elle traduit l'attention de la communauté internationale sur la crise centrafricaine. Enfin, en donnant mandat à la France de pouvoir contribuer à la stabilité du pays, elle apporte un soutien essentiel a l'action de la MICSA, la force africaine sur le terrain.

Le fait que la Résolution soit adoptée à la suite de ces incidents de Bangui doit apporter tout de même aux populations centrafricaines un certain réconfort qu'elles ne sont pas des populations oubliées, a enfin déclaré Babacar Gaye.

(Interview : Général Babacar Gaye, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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18/04/2014
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