Libye : la situation reste précaire, déplore Tarek Mitri

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Le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation en Libye. Les quinze, sous présidence française, ont entendu l'exposé de Tarek Mitri. Le Représentant spécial des Nations Unies dans le pays a regretté le maintien de la situation précaire qu'il avait déjà décrite il y a quelques semaines devant le Conseil. Une situation source d'impatience et de frustration de la part de la population. Cette dernière a d'ailleurs eu l'occasion de l'exprimer lors de manifestations de rue à Tripoli et Benghazi.

Le Représentant spécial a évoqué les violents combats survenus le 15 novembre dernier après une manifestation dans le quartier de Gharghour tenu par les brigades révolutionnaires de Misrata. Ces violences se sont soldées par 46 morts et 516 blessés. De larges pans de la population étaient mobilisés dans une campagne de désobéissance civile exigeant l’évacuation de tous les groupes armés. Cédant à la pression de la population, les forces de Misrata ont depuis annoncé leur retrait

de la ville. Un certain nombre d’autres brigades ont également quitté les locaux qu’ils occupaient précédemment.

 

Tarek Mitri a également évoqué une vague de protestations à Benghazi exigeant l’expulsion des brigades armées,

et pour la reconstitution de la police et de l’armée. Selon lui, ce tollé général intervient dans un contexte d'insécurité sans précédent, marqué par des assassinats et des enlèvements de membres des forces de sécurité et de fonctionnaires à Benghazi et à Derna.

Malgré les mesures prises par le gouvernement pour déployer rapidement des unités de l’armée à Tripoli pour empêcher un

vide de sécurité, la faible capacité des politiques militaires et les institutions de l’État demeure un grave problème. Des doutes subsistent également sur le caractère global ou durable de certaines des récentes mesures prises. Les événements du mois passé ont à nouveau mis en évidence la nécessité d’un dialogue avec les principaux groupes armés. Dans la conjoncture actuelle, le Représentant spécial a jugé essentiel que toutes les parties s’engagent à dialoguer et d'instaurer un bon équilibre afin de stimuler un processus global de réinsertion et désarmement éventuel, permettant à terme de rétablir un monopole de l’Etat sur l’utilisation de la force armée.

Dans ce contexte, Tarek Mitri a demandé un renforcement de la protection des bâtiments de la MANUL, la Mission des Nations Unies en Libye. Il s'est inquiété aussi de la situation des 8 000 détenus à la suite du conflit. La MANUL juge difficile d'apporter des preuves sur les cas de torture, mais note que 27 décès en détention ont été enregistrés depuis la fin du conflit, dont 11 cette année. Il a aussi annoncé l'adoption et la promulgation d'une loi sur la justice transitionnelle la semaine dernière.

(Extrait sonore : Tarek Mitri, Représentant spécial des Nations Unies en Libye)

Classé sous Conseil de sécurité, L'info.
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18/04/2014
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