Journée internationale des migrants : au moins 2300 morts en 2013, une année très meurtrière pour les migrants

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Selon l’OIM, moins 2.360 migrants sont morts en 2013 en tentant de franchir des frontières internationales et en quête d’une vie meilleure (Photo: OIM).

A l'occasion de la Journée internationale des migrants (18 décembre), l’Organisation internationale des migrations (OIM) note qu'au moins 2.360 migrants sont morts en 2013 en tentant de franchir clandestinement des frontières internationales. La statistique, très prudente en la matière, est de toute façon supérieure à celle, récemment établie, de 2.109 pour 2012.L'OIM tire donc la sonnette d'alarme et souligne que le nombre de décès de migrants tombés entre les mains de trafiquants et de passeurs continuera d'augmenter si la communauté internationale ne s'attaque pas aux causes de la migration irrégulière.

« Nous ne connaîtrons jamais le nombre exact, puisque de nombreux migrants meurent incognito dans les déserts, les océans ou d'autres accidents », déclare le Directeur général de l'OIM, William Lacy Swing. Cependant, les chiffres dont dispose l'OIM font apparaître qu'au moins 2 360 migrants ont péri cette année en poursuivant le rêve d'une nouvelle vie. « Ces personnes sont aux abois – pas même la peur très réelle de la mort ne les dissuade d'entreprendre le voyage », fait remarquer l'Ambassadeur Swing.

La Méditerranée, et notamment l'île de Lampedusa, les Caraïbes et les eaux thaïlandaises et indonésiennes ont toutes été le théâtre de tragédies dans lesquelles des dizaines de migrants à bord d'embarcations surchargées et impropres à la navigation ont péri.

La région frontalière entre les Etats‑Unis et le Mexique, et les étendues désertiques entre l'Afrique de l'Ouest et la Libye sont les voies terrestres les plus dangereuses empruntées par les migrants en quête d'une vie meilleure. Ils y périssent dans des accidents de train ou des assassinats, ou meurent de soif.

« En cette Journée internationale des migrants, l'OIM lance un appel en faveur « d'un renforcement des politiques en place ou de nouvelles politiques qui protègent les droits humains de ceux qui quittent leurs foyers pour trouver des perspectives plus souriantes ». « Nous sommes prêts à aider nos Etats Membres et d'autres partenaires à élaborer et à mettre en œuvre de telles politiques ».

M. Swing souligne que de plus en plus de pays qui, auparavant, faisaient bon accueil aux migrants, ferment leurs portes aux plus pauvres et aux plus désespérés d'entre eux. L'OIM a constaté un lien direct entre le durcissement des contrôles aux frontières et l'augmentation du trafic illicite de personnes, un secteur dont le chiffre d'affaires se situe aujourd'hui à 35 milliards de dollars E.‑U. par an.

En 2016 se tiendra un sommet mondial sur l’aide humanitaire : L'OIM posera la question des moyens que la communauté humanitaire mondiale peut mettre en œuvre pour que les bouleversements politiques, les pressions économiques et les catastrophes naturelles ne débouchent pas systématiquement sur une nouvelle série de difficultés en contraignant les migrants à prendre des mesures désespérées.

(Extrait sonore : Christiane Berthiaume, Chargée de communication principale à l'OIM ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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25/07/2014
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