Conseil de Sécurité/Sahel : renforcer l’approche intégrée et globale de la communauté internationale

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Le Conseil de sécurité, sous présidence française a débattu de la situation au Sahel. Les quinze ont d'abord entendu la déclaration du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon qui est revenu sur le voyage qu'il a effectué du 4 au 9 novembre dans la région et notamment au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au le Tchad le mois dernier avec le Président de la Commission de l’Union africaine, et les présidents de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, ainsi que le commissaire européen au développement.

Ban Ki-moon a déclaré qu'il revenait de la visite avec un sens clair qu’il restait encore beaucoup à faire pour lutter contre la pauvreté, l’autonomisation des femmes, améliorer l'emploi des jeunes et faire en sorte que toutes les populations du Sahel ont ce dont elles ont besoin pour bâtir un avenir meilleur. Le terrorisme, le trafic d’armes, de drogues et de personnes, et d’autres formes transnationales du crime organisé menacent la sécurité la région, a mis en garde le Secrétaire général.

Ban Ki-moon a ajouté que lors de la visite de la Banque mondiale et l’Union européenne ont promis plus de 8,2 milliards de dollars pour la région. Il a également dit que lors d’une réunion régionale au Mali, les ministres africains ainsi que des organisations régionales et internationales et les institutions financières se sont réunis pour améliorer la coordination et répondre à la fragilité de Sahel. Il a dit que les ministres vont désormais se réunir deux fois par an pour calibrer les réponses aux défis du Sahel.

Le Secrétaire général a déclaré que l’immensité du Sahel et l'existence de longues frontières poreuses signifient que ces défis peuvent être relevés avec succès que si les pays de la région travaillent ensemble.

Lors de son intervention, l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Sahel, Romano Prodi, a exhorté la communauté internationale à ne pas oublier le Sahel et a appelé à être très généreux pour les populations de la région.

 

De son côté, l'Observateur permanent de l'Union africaine (UA), Tété Antonio, s'est félicité de la coopération étroite qui règne entre l'Union africaine et l'ONU. Il a salué les progrès importants réalisés dans la stabilisation de la situation au Mali, avec le déploiement de la MINUSMA, qui a facilité la tenue pacifique et réussie de 1′élection présidentielle, ainsi que du premier tour des élections législatives, le 24 novembre dernier, avec un second tour prévu le 15 décembre.

L’UA réitère son appel aux parties prenantes maliennes pour que, avec l'’appui des acteurs régionaux et internationaux compétents, elles redoublent d’efforts afin de surmonter les difficultés qui entravent la mise en oeuvre effective de

l’Accord préliminaire de Ouagadougou du 18 juin 2013 et la promotion d’un processus de réconciliation nationale inclusive, dons le respect de l’unité et de l'intégration territoriale du Mali.

L’Union africaine est profondément attachée à la restauration immédiate de l’autorité de l'État malien sur l’ensemble de son territoire. De ce point de vue, la question de Kidal doit, sans plus tarder, trouver une solution, car il ne saurait y avoir une quelconque zone de non-droit à l'intérieur du territoire malien.

Tété Antonio a aussi mis l'accent sur les efforts de l'UA pour renforcer la coopération sécuritaire entre les pays de la région sahélo-saharienne, à travers le processus de Nouakchott.

 

Autre intervenant de ce débat marathon, le Représentant spécial de l'Union européenne (UE) pour le Sahel, Michel Reveryant de Menthon, a lui aussi mis en avant les défis complexe et interconnectés auxquels sont confrontés le pays de la région. Selon lui, la crise au Mali et le vide de sécurité après la révolution libyenne ont souligné les vulnérabilités politiques, économiques et humanitaires que connaît de longue date le Sahel.

Aussi, pour le Représentant spécial de l’Union européenne, on ne peut que se féliciter de la mobilisation de la communauté internationale en sa faveur et la visite conjointe de haut niveau conduite par le Secrétaire général de l'ONU a montré la détermination de tous les acteurs de la communauté internationale d'agir par une approche globale et intégrée. Il y a lieu de prendre en compte des réalités économiques et sociales et des besoins des populations, en particulier de la jeunesse. Le Représentant spécial a suggéré, afin d'approfondir les connaissances des situations et des réalités locales, d'associer plus souvent les chercheurs et intellectuels africains, insuffisamment reconnus, alors qu'ils sont essentiels pour mener à bien les processus d'appropriation authentiques.

(Extraits sonores : Tété Antonio, Observateur permanent de l'Union africaine auprès des Nations Unies; Michel Reveryant de Menthon, Représentant spécial de l'Union européenne pour le Sahel)

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23/10/2017
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