Centrafrique : Navi Pillay préoccupée par la détérioration de la sécurité à Bangui

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Navi Pillay, Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, redoute le pire pour la RCA (Photo: ONU/V. Martin).

Le Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU est vivement préoccupé par la détérioration de la situation sécuritaire, notamment à Bangui et à Bossangoa, où hier des dizaines de personnes, dont au moins sept enfants, ont été tués. Des centaines d’autres ont été blessées.Selon les services de Navi Pillay, les habitants de Bangui ont été réveillés, hier jeudi 5 décembre 2013, par des déflagrations. Des tirs d’armes automatiques puis à l’arme lourde ont résonné dans plusieurs quartiers de la capitale dont le Camp Kassai. Ces attaques auraient été menées par des milices d’auto-défense, appelées anti-Balaka, avec l’appui de groupes armés non identifiés mais bien équipés. Plusieurs officiers ex-Séléka auraient été tués au cours de ces attaques qui ont duré plusieurs heures. Ces attaques avaient visé notamment des quartiers nord et le centre-ville.

En représailles, des forces de l'ex-Séléka auraient fourni des armes à des civils musulmans. Des attaques de représailles entre chrétiens et communautés musulmanes ont été signalées dans de nombreux endroits de la capitale centrafricaine. Des soldats de l'ex-Séléka auraient exécuté une dizaine de personnes dans un hôpital. Le personnel du Haut Commissariat indique également avoir vu plusieurs corps dont ceux d'enfants, ainsi que plusieurs blessés dans les hoptiaux.

Par ailleurs, les services de Navi Pillay saluent l’adoption, hier à New York, de la résolution 2127 du Conseil de sécurité qui autorise le déploiement rapide de la Mission internationale de soutien à la République centrafricaine sous conduite africaine (Misca) pour protéger les civils. Le Haut Commissariat se réjouit également que le texte prévoit une commission d’enquête sur les droits de l’homme pour examiner tous les abus commis par les différentes parties depuis le 1er Janvier 2013. Le Conseil brandit aussi la menace de sanctions ciblées (essentiellement le gel d’avoirs et une interdiction de voyager) contre les responsables d’exactions, ceux qui tenteraient de violer l’embargo ou de bloquer la transition politique en RCA, ou encore de piller les ressources naturelles du pays.

Face à la dégradation de la situation, le Haut Commissariat prévoit de déployer, en début de semaine prochaine, une équipe de surveillance des droits de l’homme en RCA afin de renforcer les mécanismes de suivi existants à la section des droits de l'homme du Bureau intégré des Nations Unies en République centrafricaine (BINUCA).

En novembre dernier, la Chef des droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay avait plaidé pour la restauration de toute urgence de l'état de droit en République centrafricaine. « Si aucune action immédiate n'est entreprise, tant par les autorités que par la communauté internationale, il existe un risque réel de voir la situation dégénérer rapidement et inexorablement en un conflit ouvert. Un tel conflit aurait des répercussions terribles sur la population centrafricaine et pourrait avoir un effet sur toute la région», avait averti la Haut-Commissaire.

(Interview : Cecile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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01/08/2014
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