Centrafrique: le CICR poursuit le ramassage des corps à Bangui

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Des déplacés dans l’église inachevée de la paroisse St. Paul en RCA après des affrontements à Bangui. Photo: HCR/B. Ntwari

Au lendemain d’une nouvelle journée de confusion à Bangui, la situation reste toujours préoccupante en République centrafricaine (RCA). Le Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR) annonce avoir ramassé 44 corps dans les rues de Bangui au lendemain des violences de Noël.Dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies, le Chef de la délégation du CICR en RCA indique qu'avec la Croix-Rouge centrafricaine et des volontaires, seize blessés ont pu être évacués lors de ces opérations de ramassage de corps. « D'autres blessés sont arrivés dans les structures sanitaires par leurs propres moyens, puisque une trentaine de blessés par balles ont été hospitalisés », a fait remarquer Georgios Georgantas.

Selon Georgios Georgantas, « la situation s'est considérablement dégradée depuis hier mercredi. Il y a des combats dans plusieurs localités de la capitale centrafricaine ». Des tirs ont de nouveau été entendus ce jeudi matin dans les quartiers nord de Bangui. « Malheureusement, nous avons reçu des informations sur un grand nombre de morts et de blessés à Bangui », a souligné le chef de la délégation du CICR en RCA.

« Pour l’instant, nos équipes ne peuvent pas accéder aux 4e et 8e arrondissements pour des raisons de sécurité », a expliqué le Chef de la délégation du CICR. Une impossibilité d’accès qui concerne également le quartier Miskine, a précisé Georgios Georgantas.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes continuent de se réfugier sur les sites de déplacés à Bangui. Ces déplacés vivent dans des conditions sanitaires difficiles. « Les personnes déplacées redoutent la présence d'hommes en armes dans leurs quartiers », constate Georgios Georgantas, chef de la délégation du CICR en RCA. « Nous sommes extrêmement préoccupés par l'intensification des tensions intercommunautaires, un phénomène récent qu'exacerbe la présence de ces hommes en armes parmi la population, et qui alimente le climat de peur qui s'installe dans le pays. » « Nos équipes entendent venir en aide à tous ceux qui en ont besoin, quelle que soit la communauté à laquelle ils appartiennent, ajoute M. Georgantas. Si la priorité est de sauver des vies et de soigner les blessés, d'autres mesures peuvent aussi contribuer à apaiser la situation. » Le CICR continue ses visites dans les sites de déplacés pour évaluer les besoins en matière de rétablissement des liens familiaux.

(Interview : Georgios Georgantas, Chef de la délégation du CICR en République centrafricaine ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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01/10/2014
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