Centrafrique: 210.000 déplacés à Bangui et des réfugiés témoins d'atrocités

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Des personnes déplacées sur un site proche de l’aéroport de Bangui, la capitale de la RCA (photo: HCR/S.Phelps).

Près de 210.000 personnes ont été déplacées ces deux dernières semaines à Bangui à la suite de l'éclatement des violences interreligieuses en République Centrafricaine (RCA).  Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), ce bilan pourrait s'alourdir puisque les équipes humanitaires onusiennes ont découvert de nouvelles poches de déplacés dans la banlieue de Bangui mais ces personnes déplacées n’avaient pas encore pu contacter les organisations humanitaires. « Le nombre des déplacés est en constante augmentation », avertit le HCR.D’autre part, environ 5.600 personnes ont été déplacées sur cette même période à Bossangoa, à 400 km au nord-ouest de Bangui.

En outre, bien que la frontière soit fermée, 1.815 personnes sont parvenues à Zongo, en République démocratique du Congo (RDC), ce qui porte à 3.292 le nombre de réfugiés centrafricains ayant fui vers ce pays depuis le 5 décembre. Selon le HCR, beaucoup de ces nouveaux arrivants en RDC disent avoir été témoins d’atrocités. Ces derniers ont à cet égard cité des tueries, des violences sexuelles et diverses violations des droits de l’Homme dont les auteurs restent pour l’instant indéterminés.

A Bossangoa, les groupes anti-Balaka (anti-machette) ont pillé ce week-end des magasins et incendié des maisons dans la partie septentrionale de la ville. Cette localité est grande partie peuplée par les musulmans.

En outre, le HCR continue de recevoir des informations sur des attaques des Ex-Seleka contre les chrétiens, avec notamment des pillages, des meurtres et des maisons incendiées. Depuis Septembre dernier, 40.000 déplacés se sont réfugiés dans l’église catholique de Bossangoa. Des tensions sont d'ailleurs rapportées dans cette église entre des soldats de la Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC) et des jeunes membres des groupes d'auto-défense des anti-Balaka qui refusent de désarmer. Ces derniers sont armés d'outils agricoles et des machettes, mais ont refusé de les rendre aux forces de la FOMAC. Dans ces conditions, le HCR exprime sa vive préoccupation par rapport à la présence de personnes armées à l'intérieur des camps de déplacés.

De façon générale, cette insécurité générale empêche l’ONU d’avoir une vue d’ensemble sur les récents mouvements de population sur tout le territoire du pays, mais le HCR estime que la tendance reste à la hausse malgré l’intervention française.

Selon le HCR, depuis le début de la rébellion Séléka en décembre 2012, qui a renversé le président François Bozizé en mars 2013, plus de 710.000 personnes ont été déplacées en Centrafrique. 75.000 autres ont fui à l’étranger.

(Interview : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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22/07/2014
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