Syrie : le HCR plaide pour la « génération sacrifiée » d'enfants réfugiés syriens

Écouter /

Ces enfants vivent dans un petit appartement de la banlieue d’Amman, en Jordanie. Pourtant beaucoup de ces enfants réfugiés syriens vivent seuls ou séparés de leurs parents et la plupart sont privés d’éducation. © HCR/ O.Laban-Mattei

Ils représentent la moitié des 2,3 millions de réfugiés syriens enregistrés dans la région : toute une génération d’enfants syriens traumatisés, isolés et privés d’éducation. Dans un rapport sur « L’avenir de la Syrie – la crise des enfants réfugiés », le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) publie des témoignages bouleversants. « Si nous n’agissons pas rapidement, une génération d’innocents sera sacrifiée à cause de cette guerre épouvantable », a mis en garde le Chef du HCR, Antonio Guterres.

Recrutement forcé d'enfants, main d'œuvre enfantine, discrimination et sentiment de solitude. Après 32 mois de conflit, les enfants réfugiés syriens sont les premières victimes directes de la crise syrienne.  Ils sont plus d'1 million dans les camps ouverts en Jordanie ou au Liban, profondément traumatisés et présentant des séquelles psychologiques et physiques graves.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a donc mené une enquête approfondie dans ces complexes. Orphelins ou séparés d’une mère ou d’un père restés au pays pour combattre, ou morts sous les bombes, ces enfants réfugiés syriens forment « une génération sacrifiée », dit le HCR. Et ils sont aussi à la merci de toutes les exploitations.

L'étude du HCR rapporte que dans plusieurs gouvernorats de Jordanie, près d'un ménage sur deux survit en partie ou totalement grâce au salaire d'un enfant. Une majorité d’enfants réfugiés ne vont pas à l’école. Des gamins qui vivent alors dans l'exclusion et l'insécurité. Et au cours de discussions de groupes, plusieurs enfants réfugiés ont exprimé le désir de rentrer en Syrie pour combattre. De jeunes garçons sont formés au combat au Liban en vue d’un retour en Syrie, selon le HCR.

Le rapport revient sur les efforts massifs déployés par les Nations Unies, les ONG, les gouvernements des pays hôtes et les réfugiés eux-mêmes pour résoudre les problèmes douloureux auxquels sont confrontés les enfants réfugiés. Demandant que « cette conséquence honteuse du conflit génère une action plus efficace que seulement la manchette des journaux », António Guterres et l'Émissaire du HCR, Angelina Jolie, ont appelé au soutien des pays voisins de la Syrie pour qu'ils maintiennent leurs frontières ouvertes, qu'ils améliorent leurs services et qu'ils soutiennent les communautés d'accueil. Ils ont également demandé aux autres pays au-delà des frontières de la Syrie d'offrir des places de réinstallation et d'admission pour motifs humanitaires aux personnes qui continuent de vivre l'insécurité en exil et aux familles avec des enfants gravement blessés.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

Le dernier journal
Le dernier journal
23/04/2014
Loading the player ...