Soudan du Sud : Navi Pillay condamne les exécutions récentes à Juba et Wau

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Affiche du 4ème Congrès mondial contre la peine de mort. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a condamné ce vendredi l’exécution, cette semaine, de quatre détenus au Soudan du Sud. Ce qui porte à quatorze le nombre d’exécutions depuis le début de cette année.  Plus de 200 personnes seraient aussi en attente de leur exécution au Soudan du Sud.

D'après les informations recueillies par le Haut Commissariat, deux hommes ont été d'abord exécutés le 12 novembre dernier à Juba et deux autres personnes à Wau le 18 novembre.

Depuis l'accession du Soudan du Sud à l'indépendance en juillet 2011, quatorze personnes auraient été exécutées. « Le chiffre réel est probablement plus élevé puisque le Gouvernement de Juba ne donne pas d'information publique sur les exécutions dans ce pays », fait remarquer Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

La Chef des droits de l'homme de l'ONU insiste sur le fait que le système judiciaire sud soudanais comportait de trop graves lacunes pour permettre une application de la peine de mort. « Ce qui nous inquiète est le fait de ne pas savoir si ces personnes exécutées avaient eu accès à une assistance juridique. Or le système judiciaire du pays continue à rencontrer de problèmes pour se rétablir après des décennies de guerre civile », souligne Cécile Pouilly. Les services de Navi Pillay rappellent que les systèmes de police et d'enquête ne sont pas disponibles dans tout le pays. Et lorsqu'ils le sont, ils n'ont pas souvent les ressources de fonctionnement de manière correcte. « Par ailleurs, l'écrasante majorité des détenus dans les prisons sud soudanaises n'ont pas accès à une représentation juridique ni à une aide juridique », renseigne l'agence basée au Palais Wilson à Genève.

Le Haut Commissariat rappelle que le Soudan du Sud avait voté, en décembre 2012, en faveur de la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU pour un moratoire sur l'application de la peine de mort. « Ces exécutions sont une contradiction avec la position officielle », déclare Cécile Pouilly.

Depuis 2007, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté quatre résolutions appelant les États à instituer un moratoire sur le recours à la peine de mort en vue de son abolition. Près de 150 des 193 États membres de l’ONU ont aboli la peine de mort ou n’y recourent plus.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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01/08/2014
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