Sahel : à la veille de se rendre dans la région, Ban Ki-moon vante les mérites de la Stratégie intégrée des Nations Unies

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Avant d’entamer ce week-end une visite commune dans la région du Sahel, voyage qui les conduira successivement du 4 au 7 novembre au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au Tchad, le Secrétaire général des Nations Unies et Jim Yong Kim, le Président de la Banque mondiale ont donné  vendredi une conférence de presse commune.

Devant les journalistes, Ban Ki-moon a souligné que ce voyage fait suite à celui que les deux hommes ont déjà effectué cette année dans la région des Grands Lacs d'Afrique pour manifester leur appui à un nouvel accord-cadre pour la paix visant à régler les problèmes sous-jacents responsables de conflits interminables et de retards de développement. Il a précisé que Nkosazana Dlamini-Zuma, la Présidente de la Commission de l'Union africaine, Donald Kaberuka, Président de la Banque africaine de développement, Andris Piebalgs, Commissaire au développement de l'Union européenne, seront du voyage, de même que l'Envoyé spécial des Nations Unies pour le Sahel, Romano Prodi.

Le Mali sera la première étape du voyage officiel. Comme l'a rappelé à juste titre Ban Ki-moon, l'an dernier à pareille époque, le pays était en crise. Depuis, grâce aux efforts collectifs, non seulement la situation politique et les conditions de sécurité se sont améliorées, mais des progrès ont été accomplis par rapport à certains des problèmes plus généraux du Sahel.

En fait, l'étape malienne est importante pour trois raisons. D'abord, parce que la crise malienne a montré que l'on ne peut se contenter d'éteindre les foyers d'incendie qui se déclarent dans la région. Il faut aller au-delà et régler les problèmes qui risquent de déclencher des déflagrations et d'être causes d'instabilité.

Ensuite, il importe d'aborder les problèmes à l'échelle régionale. Ces problèmes ne s'arrêtent pas aux frontières. Les solutions que la communauté internationale entend y apporter ne doivent donc pas s'y arrêter non plus. Plus de onze millions de personnes sont touchées par l'insécurité alimentaire. Cinq millions d'enfants de moins de cinq ans sont menacés par la malnutrition aigüe. Mais ce n'est pas tout. La région regorge d'armes, et est très vulnérable face aux réseaux terroristes et criminels. De plus, le Sahel a connu trois périodes de sécheresse grave en moins de dix ans, et se ressent plus que jamais des effets du réchauffement planétaire. Des défis qu'aucun gouvernement et aucune organisation ne peut surmonter seul. C'est précisément l'objet de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, qui a été approuvée par le Conseil de sécurité. Cette stratégie place au premier plan la gouvernance, la sécurité et la résilience.

Enfin, à un moment où les dirigeants des pays du Sahel s'unissent pour régler leurs problèmes de façon concertée, ils ont besoin de l'appui des Nations Unies, de la Banque mondiale et de leurs partenaires. Ensemble, ils vont les écouter, puis agir, convaincus que la succession des crises peut être interrompue. La région peut surmonter la précarité et s'engager sur la voie d'un avenir mieux assuré, a déclaré Ban Ki-moon, avant de d'ajouter en guise de conclusion que la paix et le développement doivent aller de pair.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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17/09/2014
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