RD Congo : le CICR met en garde contre les actes de représailles à Goma

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De nouveaux réfugiés au point de passage frontalier de Bunagana (Photo : HCR/OPM).

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est préoccupé par les conséquences humanitaires de la reprise des combats opposant les forces armées congolaises au groupe armé M23 dans le territoire du Rutshuru, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).  Le CICR redoute que dans de telles situations, il y ait toujours un risque que des éléments incontrôlés de la population, des forces armées ou des groupes armés commettent des actes de vengeance ou de représailles.

Nous appelons les autorités à tout mettre en œuvre pour empêcher de tels actes », a déclaré Jean-Yves Clémenzo, porte-parole du CICR à Genève.

A cet égard, la cheffe de la délégation du CICR en RDC rappelle que les « combattants capturés ou qui se sont rendus, ou toute autre personne arrêtée, doivent être traités humainement, leur vie et leur dignité doivent être respectés ». Dans ce communiqué, Alessandra Menegon souligne que   l'agence humanitaire espère « commencer très prochainement à visiter ces personnes pour nous assurer de leurs conditions de détention ».

Depuis la reprise des combats le 25 octobre, le CICR et les Sociétés nationales de la Croix-Rouge en République démocratique du Congo, au Rwanda et en Ouganda travaillent sans relâche pour apporter assistance et protection aux personnes touchées par le conflit, qu'elles soient blessées, déplacées ou réfugiées.

À Goma, en RDC, une équipe chirurgicale du CICR prend en charge des blessés de guerre à l'hôpital de Ndosho. Du matériel médical et chirurgical pour soigner 50 blessés de guerre et des sacs mortuaires ont été fournis à l'hôpital militaire de Katindo. Le CICR approvisionne également l'établissement en eau potable à hauteur de 10 000 litres par jour.

Dans les zones touchées par les combats, des volontaires de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo ont commencé à recueillir et à inhumer des dépouilles. Leur travail est d'autant plus difficile qu'ils doivent tenir compte des risques posés par les restes des explosifs de guerre. Alors qu'une équipe du CICR se trouve à Rutshuru depuis deux jours et évalue les besoins humanitaires dans la région, une deuxième équipe part aujourd'hui pour renforcer les capacités de prise en charge psychologique dans la  maison d'écoute de la ville, un centre de soutien pour les victimes de violences sexuelles.

Au Rwanda, les volontaires de la Croix-Rouge rwandaise sont restés mobilisés le long de la frontière pour dispenser des premiers soins aux personnes blessées alors qu'elles fuyaient les zones de combat. Mardi, une équipe du CICR s’est rendue à l’hôpital de Gisenyi où plusieurs blessés ont été admis suite aux violences dans le Rutshuru. Le CICR soutient les autorités hospitalières rwandaises dans leur prise en charge médicale de ces blessés avec du matériel et des conseils techniques et un chirurgien a assisté les médecins rwandais. Le 31 octobre, un patient nécessitant des soins particuliers a pu être évacué vers un hôpital gouvernemental à Kigali.

(Extrait sonore : Jean-Yves Clémenzo, porte-parole du CICR à Genève)

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22/08/2014
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