RCA : plus d'un million de Centrafricains affectés par l'insécurité alimentaire

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Des déplacés centrafricains à Bossangoa (Photo: HCR/ B.Heger/Polaris).

En République Centrafricaine, la situation reste toujours volatile, imprévisible et préoccupante à l’intérieur du pays en raison d’un risque persistant de violence entre ex-rebelles Seleka, les groupes armés non identifiés et des groupes d’auto-défense. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 1,1 million de personnes sont affectées par l'insécurité alimentaire et 50% d'entre elles sont des déplacés internes.

Dans ces conditions, le PAM est en train d'intensifier ses actions sur le territoire centrafricain, malgré l'insécurité qui pousse la population à abandonner leurs maisons et leurs fermes. Le PAM fournit une assistance alimentaire aux familles déplacées, aux réfugiés, aux femmes enceintes, aux mères allaitantes, aux enfants malnutris et aux agriculteurs vulnérables dans les zones touchées par le conflit.

Durant la première quinzaine  du mois d’octobre, le PAM a assisté 46.442 personnes avec 504 tonnes de produits mélangés. Le PAM a terminé des distributions alimentaires d’urgence à Bossangoa, aidant 36.000 personnes, dont les deux tiers étaient des femmes. Environ 3.000 réfugiés ont été assistés à Zemio (sud-est).

En outre, le PAM mène, en collaboration avec ses partenaires et les autorités centrafricaines, une sensibilisation pour le programme d’alimentation scolaire d’urgence à l’échelle nationale, qui devrait commencer en Novembre 2013. Les programmes d’alimentation scolaire commenceront à Kaga-Bandoro et à Bambari. Le PAM  prévoit d’atteindre 100.000 enfants d’âge scolaire d’ici la fin de l’année.

Par ailleurs, le bureau du PAM à Bouar est l'un des 4 bureaux qui ont été temporairement fermés en mars en raison des combats. Les membres du gouvernement, les officiels des autres agences de l'ONU et les partenaires du PAM ont fait partie de ceux présents pour la cérémonie de réouverture le 22 octobre. Le jour même, des rations alimentaires ont été distribuées à des agriculteurs en situation précaire dans le village de Bor, à 18 kilomètres de Bouar.

Après l'éclatement d'un nouveau conflit en mars, nombreux sont ceux qui ont fui vers Bouar pour échapper aux combats dans les zones rurales environnantes. La demande alimentaire a augmenté mais l'offre reste faible car les agriculteurs ont été contraints de fuir leurs villages, et l'accès aux outils et aux semences a été perturbé. De nombreux agriculteurs ont raté la première saison de plantations, qui a commencé en avril/mai. Le PAM a repris les distributions alimentaires à Bouar en Août pour s'assurer que les agriculteurs ont conservé leurs semences pour les plantations et n'ont pas adopté de stratégies de survie préjudiciables, comme la vente d'outils nécessaires ou de semences pour éviter la faim.

Depuis l’éclatement de la toute dernière crise politique et de déplacement en République centrafricaine en décembre dernier, ce pays sinistré et enclavé est pris dans un cercle vicieux de violence qui a déjà causé la mort d’environ 400 personnes et qui a réduit en cendres 800 maisons. Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), ces violences ont déraciné environ 400.000 personnes dans le pays et ont généré près de 70.000 réfugiés centrafricains qui ont été enregistrés dans les pays voisins. Ils sont plus de 43.000 en République démocratique du Congo, près de 12.100 au Tchad, environ 9.200 au Congo et plus de 4.280 au Cameroun.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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26/12/2014
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