RCA : Jan Eliasson présente au Conseil de sécurité le rapport de Ban Ki-moon sur la MISCA

Écouter /

Jan Eliasson, Vice-Secrétaire générale. Photo : ONU/JC McIlwaine

Le Conseil de sécurité s'est réuni lundi 25 novembre pour examiner le rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la situation en République centrafricaine (RCA), en présence, entre autres de l'Ambassadeur Ahmad Allam-Mi, le Secretaire général de la CEEAC, la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale, de Mesmin Dembassa Worogagoi, Chargé d'Affaires a.i. de la RCA, et du délégué de l'Union africaine.

Jan Eliasson, le Vice-Secrétaire général de l'ONU a présenté ce document qui concerne la planification de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA). Il expose en détail, des options possibles pour l'appui que fournira la communauté internationale à la MISCA, y compris la possibilité de transformer celle-ci en une opération de maintien de la paix des Nations Unies, sous réserve que les conditions sur le terrain le permettent.

Dans son rapport, Ban Ki-moon se dit de plus en plus préoccupé par l'aggravation de la crise en RCA. Les Centrafricains sont en proie à une situation d'urgence pluridimensionnelle et complexe sur le plan de la protection des civils. « La République centrafricaine n'est pas dotée d'une autorité nationale unie, capable de garantir la sécurité de l'État et du peuple. Les ex-combattants de la coalition Séléka, qui ont assumé de fait les fonctions de forces de sécurité de l'État, sont les auteurs de la plupart des exactions et des violations des droits de l'homme commises contre la population dans tout le pays ».

« Il est impératif de remédier d'urgence à la principale menace pour la sécurité que sont les groupes armés, en prenant des mesures de désarmement, de démobilisation et de réintégration » écrit Ban Ki-moon.

Côté humanitaire, la situation des droits de l'homme continue d'empirer, les populations vulnérables, surtout les femmes et les enfants, sont les plus touchées par les violences sexuelles et le recrutement d'enfants au combat. Le Secrétaire général de l'ONU se dit particulièrement inquiet face à la montée des tensions entre communautés. « Il ne s'agit pas à l'origine d'un conflit religieux ou ethnique, mais la multiplication des attaques et des représailles aveugles font que la communauté chrétienne et la communauté musulmane sont profondément divisées dans certaines parties du pays », déplore-t-il.

« Il faut d'urgence prendre des mesures pour mettre fin à l'impunité omniprésente et faire régner le respect du principe de responsabilité », souligne Ban Ki-moon dans son rapport, avant d'ajouter que « Je suis convaincu qu'il faut d'urgence s'attaquer à la crise avant qu'elle ne parte à la dérive et ne fasse encore plus de pertes en vies humaines. Si l'on n'agit pas résolument, dès maintenant, pour rompre le cycle de violence, mettre un terme aux violations des droits de l'homme, et rétablir un niveau minimum de sécurité dans tout le pays, non seulement les Centrafricains seront encore plus en danger mais une intervention à venir serait bien plus complexe et coûteuse ».

Le rapport de Ban Ki-moon indique que les autorités centrafricaines auront besoin d'un appui considérable de la communauté internationale. A cet égard, il constate que la CEEAC ait tant investit jusqu'ici dans l'appui à la stabilisation du pays, notamment en déployant des effectifs supplémentaires de la MICOPAX ces derniers mois. Le renforcement des effectifs du BINUCA, approuvé récemment, contribuera également, selon Ban Ki-moon, au progrès sur le plan politique et dans les domaines de l'état de droit et des droits de l'homme. « La participation de l'Union africaine est la bienvenue également. Je lui suis reconnaissant d'avoir conçu, en étroite consultation avec la CEEAC, l'idée d'une opération de paix sous conduite africaine, en s'inspirant de ce que la MICOPAX avait pu accomplir ».

Enfin Ban Ki-moon souligne dans son rapport que « Il faut d'urgence déployer une force efficace, dotée de moyens de financement prévisibles à long terme, afin de protéger les civils, de mettre un terme aux violations des droits de l'homme, d'aider à rétablir la sécurité et le respect de l'état de droit et d'empêcher que la violence généralisée embrase la République centrafricaine et que le conflit se régionalise ».

(Extrait sonore : discours de Mesmin Dembassa Worogagoi, Chargé d'Affaires a.i. de la RCA devant le Conseil de sécurité)

 

 

 

Le dernier journal
Le dernier journal
18/04/2014
Loading the player ...