Nigeria: Boko Haram pourrait être accusé de crimes contre l’humanité

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Les affrontements ayant opposé Boko Haram à l'armée nigériane continuent de faire beaucoup de dégâts au Nord-Est du Nigeria (Photo: A. Abubakar/IRIN).

Le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme condamne fermement l'assassinat d'une trentaine de personnes le 2 novembre dernier au nord-est du Nigeria. Ces crimes « atroces » ont été commis à la suite de l’attaque d’un cortège nuptial par des hommes armés dans l’Etat de Borno. Les services de Navi Pillay avertissent le groupe islamiste Boko Haram, auteur de multiples attaques contre la population au Nigeria, qu'il pourrait être accusé de crimes contre l’humanité en cas de procès.

Lors de ce raid meurtrier, le marié, des membres de sa famille et des amis qui revenaient à Maiduguri, la capitale de l’Etat, après le mariage célébré à Michika, dans l’Etat voisin d’Adamawa, figurent parmi les victimes. Dans ces conditions, « les membres de Boko Haram et d’autres groupes et entités, s’ils étaient jugés pour avoir commis des attaques systématiques ou généralisées contre la population civile (pourraient être) coupables de crimes contre l’humanité », a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat, Cécile Pouilly, au cours d’un point presse ce 5 novembre à Genève.

La semaine dernière encore, des dizaines de personnes ont été tuées dans des attaques du groupe islamiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, selon un responsable local.

Boko Haram a été incriminé par des témoins et des survivants de l’attaque samedi dernier d’un cortège nuptial, qui a tué plus de trente personnes.

L’armée mène une offensive depuis la mi-mai dans la majeure partie du Nord-Est, où l’état d’urgence a été décrété, pour tenter de mettre fin à l’insurrection de Boko Haram.

Par ailleurs, le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme  a également mis en garde le Nigeria contre les violations commises par l’armée contre les civils. « Nous suivons aussi également de près avec les autorités nigérianes les allégations d’abus et de violations des droits de l’Homme qui auraient été commis par les forces de sécurité lors de la conduite des opérations », a averti Cécile Pouilly. « Nous appelons aussi le gouvernement nigérian à garantir que les forces de sécurité agissent en conformité avec la loi et évite l’usage excessif de la force », a-t-elle conclu.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/04/2014
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