Kenya : le HCR aidera au rapatriement volontaire de réfugiés somaliens

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Des réfugiés somaliens à leur arrivée au camp de Dadaab au Kenya. Le HCR aidera au rapatriement volontaire des réfugiés (Photo d'archives : HCR/B.Bannon).

En vertu d’un accord tripartite signé dimanche 10 novembre entre la Somalie, le Kenya et le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), l'agence onusienne va aider au rapatriement volontaire de réfugiés qui choisiront de rentrer en Somalie. Actuellement, Nairobi accueille quelque 630 000 réfugiés, dont près de 500 000 d’entre eux sont originaires de la Somalie voisine.

« Près d’un million de réfugiés somaliens au Kenya bénéficieront d’une aide en rentrant chez eux – s’ils décident de rentrer », souligne le HCR dans un communiqué. « Il est très important de souligner que personne ne force les Somaliens à quitter le Kenya », a ajouté Raouf Mazou, Représentant du HCR au Kenya, cité dans le communiqué.

Le Kenya abrite, dans le plus grand complexe de camps de réfugiés du monde Dadaab, situé près de la frontière somalienne, plus de 400.000 Somaliens, qui, depuis 20 ans, ont fui des sécheresses récurrentes et un état de guerre civile permanent dans leur pays.

Pourtant, le HCR a constaté des mouvements spontanés de retour de réfugiés. « On considère que la situation est en train de s'améliorer progressivement », fait remarquer le Représentant du HCR au Kenya.  Sur le terrain, le HCR indiqué avoir fait une vérification récente du nombre de réfugiés somaliens au Kenya et il y a près de 80.000 personnes qui manquent des listings. « Donc on estime qu'une partie de ces personnes serait peut-être rentrée. Nos collègues en Somalie estiment à 30.000 le nombre de retour cette année. Donc on estime qu'entre 30.000 et 80.000 Somaliens sont rentrés dans leur pays », a souligné Raouf Mazou.

Dimanche, le HCR avait déjà estimé qu’après « plus de 20 ans de conflit et d’insécurité en Somalie, l’environnement politique, socio-économique et sécuritaire a changé ». Même si la situation est loin d’être « parfaite des parties entières du pays sont plus sûres, ce qui permet à certains réfugiés de rentrer chez eux ».

Certaines parties du territoire somalien sont effectivement désormais plus stables, grâce à l’intervention de la force de l’Union africaine en Somalie Amisom, qui a chassé les shebab de leurs bastions ces dernières années. Les islamistes contrôlent encore cependant de vastes zones rurales et restent, selon les experts, un important obstacle au rétablissement de la paix dans le pays.

« L'accord, en tant que tel, est signé pour une période de trois ans. Mais tout dépendra de l'évolution de la situation en Somalie, notamment sur le plan sécuritaire dans les zones de retour et de la disponibilité des services sociaux sur place », conclut le Représentant du HCR au Kenya.

(Interview : Raouf Mazou, Représentant du HCR au Kenya ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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