Guinée-Bissau: la tenue d’élections crédibles en mars 2014, priorité pour restaurer l’ordre constitutionnel dans le pays

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José Ramos-Horta. Photo : ONU/Eskinder Debebe

Le Représentant spécial pour la Guinée-Bissau a souligné mercredi l’importance pour les autorités de transition de ce pays de hâter les préparatifs des élections générales prévues pour mars 2014, « pour rétablir, de manière durable, l’ordre constitutionnel dans le pays ».

José Ramos-Horta, qui est aussi le Chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS) a fait observer que la responsabilité de mettre le processus électoral sur les rails incombe désormais « aux seules autorités de transition », maintenant que les partenaires internationaux du pays ont confirmé leur engagement à financer ce processus.

« La tenue d’élections crédibles […], a-t-il souligné, est la priorité absolue pour assurer à court terme une restauration durable de l’ordre constitutionnel dans le pays.»

Dans le rapport porté à l’attention du Conseil de sécurité, le Secrétaire général note que, depuis le coup d’État du 12 avril 2012, la fragilité de la situation politique et en matière de sécurité retarde l’achèvement de la transition et le relèvement socioéconomique du pays.

« Les progrès vers la restauration de l’ordre constitutionnel, condition préalable à la préparation et à la tenue d’élections présidentielles et législatives le 16 mars 2014, date fixée par le Président du gouvernement de transition, se font à un rythme trop lent », a constaté M. Ramos-Horta, qui a imputé le retard accumulé à l’incapacité des acteurs politiques à se mettre d’accord sur un système d’inscription sur les listes électorales et à finaliser un budget électoral cohérent.

Il a toutefois salué le Premier Ministre du gouvernement de transition pour avoir mis en place une commission chargée de renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes politiques.

Le Représentant spécial s’est également réjoui de l’appui fourni par le Timor-Leste, qui outre l’envoi de conseillers électoraux, s’est engagé à verser six millions de dollars à l’appui du processus d’inscription sur les listes électorales. Il a indiqué que, le 18 novembre dernier, le Parlement de Guinée-Bissau avait inauguré sa première session ordinaire de l’année. A l’ordre du jour, « […] le projet de loi d’amnistie en faveur des auteurs du coup d’État de 2012, la gestion des finances publiques et le budget 2014 de l’État », a-t-il précisé.

Sur le plan judiciaire, le chef du BINUGBIS a déclaré que 10 individus avaient été arrêtés et formellement accusés d’avoir participé au meurtre d’un ressortissant nigérian, à Bissau, le 8 octobre. « Par ailleurs, 11 individus ont déjà été interrogés dans le cadre de l’enquête en cours sur l’attaque dont a été victime le Ministre des transports et des communications du Gouvernement de transition, le 5 novembre dernier ».

M. José Ramos-Horta a ensuite reconnu que les retards pris dans la préparation des élections avaient eu un impact négatif sur la mise en œuvre du mandat du BINUGBIS. « L’essentiel de nos efforts ont porté sur l’assistance en matière de droits de l’homme, de sécurité et de conseil politique. Les trois derniers mois ont été marqués par l’inauguration de deux bureaux régionaux, qui, je l’espère, contribueront à rapprocher l’ONU de la population ». « Nous devons mieux comprendre les besoins des communautés du pays », a-t-il ajouté.

Également présent lors de cette réunion, le Président de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix, Antonio de Aguiar Patriota (Brésil), a estimé qu’il était crucial qu’une large participation à la vie politique soit garantie après les élections, en identifiant comme priorité la réforme du secteur de la sécurité.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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19/09/2014
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