Côte d'Ivoire : l'ONUCI et la société civile pour l'inclusion du genre dans la réforme du secteur de la sécurité

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Photo : ONUCI

La Division de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a tenu mardi 26 novembre 2013, au siège de la Mission, la onzième édition de ses déjeuners débats avec la société civile et les acteurs du secteur de la RSS. Pour être en phase avec les 16 jours d'activisme célébrés dans le cadre la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes commémorée le 25 novembre de chaque année, la Division de la RSS a choisi de consacrer le thème de ce déjeuner débat sur : « l'inclusion du Genre dans la RSS et le rôle de la société civile ». Cette activité a été menée avec l'appui de ses partenaires habituels que sont la Fondation Friedrich Ebert Siftung et le CERAP.

Le débat a été animé par la Présidente du Réseau Paix et Sécurité des Femmes dans l'Espace CEDEAO (REPSFECO), Salimata Porquet, et par Emmanuel Kouassi-Lenoir du Conseil National de Sécurité, en présence d'une cinquantaine de membres de la société civile, des membres de la Police et de la Gendarmerie ivoiriennes, de représentants d'ambassades, de la Police onusienne et de la Section Genre de l'ONUCI.

La place du Genre doit être centrale, a estimé le Chef de la Division RSS de l'ONUCI, Ely Dieng. Toutefois, a-t-il noté, « cela est lié au contexte et à l'évolution du pays. Il est question de transformer tous les acteurs du secteur de la Sécurité et là aussi, il faut le rappeler, la société civile, les médias et même l'individu sont concernés par cette réforme  ».

Dans son intervention, Salimata Porquet a estimé que la RSS doit répondre aux divers besoins des femmes, des enfants et de tous les membres de la société. Pour la conférencière, le Genre ne signifie pas juste la prise en compte de la femme. « Il a une dimension transversale. Vous ne pouvez pas parler de RSS sans prendre en compte le Genre et ne pas inclure les populations et la femme qui est la mieux indiquée pour pouvoir se rapprocher de tout le monde. Des décisions seront prises et il faut sensibiliser les populations. Si la femme est sensibilisée et s'approprie la RSS, l'impact sera plus important  », a-t-elle dit.

Pour Mme Porquet, il faut une meilleure implication de la société civile dans le processus de réforme du secteur de la sécurité « Le genre n'est pas un choix hasardeux car il est en phase avec de nombreux défis comme l'insécurité, qui touchent tous les membres de la société dont les femmes qui doivent désormais bénéficier d'un renforcement de leurs capacités dans le domaine afin de servir d'appui opérationnel  », a estimé la Présidente du REPSFECO.

Le second conférencier, le responsable du suivi de la RSS au Conseil National de Sécurité, le Pr Emmanuel Kouassi-Lenoir, a rappelé que l'inclusion de la dimension genre dans la RSS était une réalité en Côte d'Ivoire. Il a défini la sécurité comme un bien, un patrimoine commun qui appelle la collaboration de tous les membres de la société. « Il est difficile, dans ce contexte, d'exclure une frange de la population. Donc les femmes, les hommes, les handicapés, quelque soit votre origine ethnique, vous êtes tous appelés à participer à la production de la sécurité ». Mais, c'est un processus qui va prendre du temps, a tenu à souligner M. Kouassi-Lenoir. Il s'est toutefois montré optimiste en faisant remarquer que le changement de mentalité lié à la RSS était en cours.

Pour le représentant de la Fondation Friedrich Ebert Siftung, Jens Hettmann, la dimension Genre devrait davantage être prise en compte afin d'arriver à un meilleur équilibre entre homme et femme et tous les autres acteurs de la société parce que la sécurité concerne tout le monde et pas seulement les hommes en uniforme. Selon M. Hettamann, on est loin d'être d'avoir à ce jour un équilibre, si l'on s'en tient aux indicateurs actuels. Il a donc lancé un appel aux femmes : « Si vous attendez que par la grâce des hommes, il vous soit donné plus d'espace, vous attendrez longtemps. Il faut revendiquer, il faut vous manifester. Malheureusement, les femmes elles-mêmes se font un blocage, elles n'ont pas toujours très confiance en elles-mêmes. Les hommes ne vont pas offrir plus d'espace aux femmes sur un plateau si elles-mêmes ne le revendiquent pas », a déclaré M. Hettmann.

Lors des échanges les participants ont pu se féliciter des avancées de la question du Genre dans la RSS avec la décision récente de l'Etat ivoirien d'admettre désormais les femmes au sein de la Gendarmerie nationale. Ils ont souhaité que cette décision entre assez rapidement en application.

(Compte rendu : Marthe Kakou d'ONUCI FM)

Classé sous Femmes et enfants, L'info.
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19/09/2014
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