Centrafrique : l'UNICEF lance un appel à l’aide internationale pour la RCA toujours en proie aux violences

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Des civils à l'Évêché catholique de Bossangoa où se sont réfugiés près de 36.000 déplacés (Photo: IRIN / H. McNeish)

La situation en République centrafricaine (RCA) « est grave », a averti  le Représentant de l’Unicef dans ce pays. Lors d'une conférence de presse ce vendredi 22 novembre à Genève, Souleymane Diabaté a insisté sur la fragilité de la situation sécuritaire et surtout son imprévisibilité. « Tous les jours, il y a des assassinats que ça soit à Bangui ou à l'intérieur du pays et ce sont des meurtres commis par des hommes armés », fait-il remarquer dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies.L'UNICEF rappelle que sur une population de 4,6 millions de personnes, la moitié de la population est composée de jeunes de moins de dix-huit ans. Pourtant selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, c'est une crise oubliée. « Pendant ce temps, ce sont des enfants qui meurent, il y a des exactions qui sont commises ou des populations qui se réfugient dans les brousses pour fuir les violences », a souligné Souleymane Diabaté.

Dans ces conditions, les enfants sont généralement enrôlés par les différents groupes armés. Avant la présente crise, l'UNICEF estimait leur nombre à 3.500. « Mais aujourd'hui, ce chiffre pourrait doubler. Entre 5000 à 6000 enfants soldats sont ainsi associés aux groupes armés à savoir les ex Séléka et chez les anti-balaka », prévient le Représentant de l'UNICEF.

Les violences ont chassé de leurs maisons environ 400.000 personnes, et beaucoup se cachent à présent dans la brousse. Pour la seule ville de Bossangoa, près de 40.000 personnes se sont déplacées et « personne ne protège la population civile » constamment menacée par des groupes armés qui font régner la terreur dans cette région d’où est originaire l’ex-président François Bozizé.

Sur le plan humanitaire, les agences onusiennes estiment que 1,6 million ont besoin de nourriture, de protection, de soins médicaux, d’eau, de sanitaires et d’abris. La famine toucherait près de 500.000 personnes. Quelque 700.000 enfants n’ont pas accès à l’éducation en raison de la destruction de leurs écoles ou de leur réquisition par des belligérants.

Le 14 novembre dernier, Mia Farrow, ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef, avait également lancé à Genève un appel  à la communauté internationale pour qu’elle vienne en aide à la République centrafricaine (RCA), un pays au bord de la faillite. Lors de cette conférence de presse à l’ONU à Genève, au retour de son dernier séjour en RCA, l'actrice américaine avait expliqué que la population de la Centrafrique était le « peuple le plus abandonné sur la terre ». Selon Mia Farrow, « les germes d’un génocide » sont à l’œuvre dans le pays, et la situation humanitaire y est catastrophique.

L’UNICEF a lancé un appel à l’aide internationale de 31,5 millions de dollars pour la Centrafrique, dont seuls 12 millions ont été financés à ce jour.

(Interview : Souleymane Diabaté, Représentant de l'UNICEF en RCA ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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08/12/2017
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